L'Autorité de la concurrence dénonce les pratiques des géants de l'agroalimentaire

Une enquête de l'Autorité de la concurrence révèle comment les grands distributeurs comme Tnuva et Coca-Cola imposent des ventes liées pour maintenir des prix élevés en Israël.

CalcalistAuteur : נורית קדוש
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L'Autorité de la concurrence dénonce les pratiques des géants de l'agroalimentaire
Photo : Calcalist / צילומים: רמי זינגר, אוראל כהן

Concentration du marché et « effet de panier »

À l'approche des élections, alors que les candidats au poste de Premier ministre promettent de démanteler les monopoles agroalimentaires pour faire baisser le coût de la vie, l'Autorité de la concurrence dresse un état des lieux alarmant de la concentration du marché en Israël.

L'analyse menée par l'Autorité, basée sur les données StoreNext pour 2025, révèle que les conditions de marché permettent aux grands fournisseurs de pratiquer l'effet de panier. Cette méthode consiste à exploiter une position dominante dans une catégorie de produits pour s'imposer dans d'autres segments via des ventes liées.

En pratique, ces transactions commerciales interdites obligent les détaillants à acheter des produits moins demandés pour obtenir les produits phares indispensables à leurs rayons.

Six groupes contrôlent la majorité des rayons

L'étude montre que les six plus grandes entreprises du secteur verrouillent le marché :

  • Tnuva (leader du marché) et Strauss (numéro deux) dominent chacune 12 des 20 catégories analysées.

  • Osem (troisième acteur) et Unilever Israël mènent chacune dans 13 des 20 catégories.

  • The Central Bottling Company (Coca-Cola Israël) est en tête dans 5 catégories, la marque Coca-Cola et le thé glacé Fuze Tea représentant plus de 90 % de ses ventes.

  • Sano domine 8 catégories dans le secteur des produits d'entretien et d'hygiène.

D'autres acteurs majeurs ont été identifiés, notamment le groupe de viande Neto (contrôlé par Adi Ezra et David Mezessa) en tête de 5 catégories, l'importateur Diplomat (familles Wyman et Mendel) leader dans 9 catégories, Tempo (Jacques Beer et Heineken) avec 6 catégories, et le fabricant de produits en papier Kimberly-Clark avec 4 catégories.

Le contrôle des prix comme effet pervers

L'Autorité souligne que le contrôle des prix par l'État sur certains produits de base (comme le lait frais, les fromages jaunes à la coupe et la crème fraîche chez Tnuva) réduit les marges bénéficiaires des industriels.

Pour compenser ce manque à gagner, ces entreprises sont fortement incitées à utiliser leur puissance de marché pour imposer des hausses de prix sur les segments non réglementés en faisant pression sur les supermarchés.

Coca-Cola comme produit incontournable

Le cas de la Central Bottling Company illustre parfaitement cette stratégie. En tant que distributeur exclusif de Coca-Cola, un produit jugé indispensable pour attirer les clients dans les grandes surfaces, le groupe dispose d'un moyen de pression absolu.

En liant la vente de Coca-Cola à d'autres produits, notamment ceux de sa filiale laitière Tara, le fournisseur contraint les distributeurs à accepter des tarifs plus élevés sur l'ensemble de sa gamme. Malgré ces constats de distorsion de concurrence, l'Autorité a choisi de léguer le dossier au prochain gouvernement sans imposer de sanctions immédiates.

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