Des archives du FBI révèlent la surveillance des diplomates israéliens

Des dossiers du FBI déclassifiés révèlent une surveillance intensive des diplomates israéliens et des figures sionistes dans les années 1950 sous la direction de J. Edgar Hoover.

Des archives du FBI révèlent la surveillance des diplomates israéliens
Photo d'illustration FilIsrael : AI Generated

Des documents du FBI récemment déclassifiés datant des années 1950 mettent en lumière de vastes opérations de surveillance ciblant des diplomates israéliens, des personnalités sionistes américaines et des figures publiques durant les premières années d'Israël. Obtenus en vertu de la loi sur la liberté de l'information (FOIA) à la suite d'une bataille juridique de 12 ans menée par l'institut de recherche IRmep, ces dossiers retracent l'enquête menée sous le numéro de dossier 65-58700 sous l'appellation ISINT, pour Israeli Intelligence Service.

L'envergure de la surveillance sous J. Edgar Hoover

Placée sous la direction rigoureuse du directeur du FBI J. Edgar Hoover, l'enquête a touché des dizaines de personnes, notamment des émissaires israéliens, des responsables politiques, des chefs d'entreprise et des journalistes. Parmi les dossiers compilés figure celui de Reuven Dafni, alors consul d'Israël à Los Angeles, surveillé lors d'un déplacement à San Francisco en octobre 1950. Les agents ont épluché ses registres hôteliers, ses réservations de vols et ses communications téléphoniques.

Les fichiers documentent également l'arrivée de Chaim Herzog, futur président d'Israël, débarqué à New York à bord du paquebot RMS Queen Elizabeth en mai 1950 pour occuper ses fonctions d'attaché militaire à Washington. Le FBI a consigné son arrivée, ses détails de passeport et sa destination. D'autres personnalités de premier plan ont fait l'objet d'une attention particulière, telles que Teddy Kollek, futur maire de Jérusalem, le député de la Knesset Eliezer Livneh, ou encore Gideon Rafael, futur directeur général du ministère des Affaires étrangères et ambassadeur d'Israël à l'ONU.

Enquêtes sur les achats d'armes et les fuites de renseignements

Au-delà de la surveillance diplomatique, l'enquête fédérale s'est penchée sur de potentiels transferts de rapports militaires américains classifiés. Dès juillet 1949, des notes internes de la direction du FBI exprimaient l'inquiétude de voir des documents de défense atterrir entre les mains de cercles sionistes, une violation potentielle de la loi sur l'espionage (Espionage Act). Les enquêteurs ont minutieusement retracé la distribution des rapports de renseignement de l'armée de l'air au sein du département d'État, de l'armée de terre et de la marine.

Les transactions financières et les réseaux d'approvisionnement ont également été épiés. Nahum Bernstein, avocat de l'Agence juive impliqué dans l'acquisition d'avions de transport pour Israël, a fait l'objet d'enquêtes fédérales concernant des contradictions dans ses témoignages sur l'entrepreneur aéronautique Al Schwimmer. Les enquêteurs ont examiné les comptes bancaires ouverts auprès de la Chase Bank et de la Bank of America afin de financer l'achat d'appareils en dépit des lois sur la neutralité américaine.

Figures culturelles et documents de la Ligue arabe

Périmètre de surveillance élargi, l'enquête du FBI a englobé des industriels tels que Walter Haas, président de Levi Strauss, des producteurs hollywoodiens et des scientifiques. Le bureau a également amassé 76 pages de documents internes provenant des bureaux new-yorkais de la Ligue arabe, transmis via l'Anti-Defamation League (ADL) et le département d'État. Toutefois, des mémos internes ont par la suite révélé de sérieux doutes quant à la fiabilité de ces renseignements.

Plusieurs décennies avant le transfert officiel de l'ambassade américaine à Jérusalem en 2018 sous la présidence de Donald Trump, les archives de 1951 mettaient déjà en exergue les préoccupations de Washington face aux manœuvres diplomatiques concernant le statut de la ville, perçue comme un enjeu stratégique majeur.

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