L'Électricité Européenne S'envole de 60 % à l'Approche de l'Hiver Face aux Tensions
Les prix de gros de l'électricité en Europe s'envolent de plus de 60 % pour l'hiver, portés par la hausse du gaz naturel et les tensions sur les approvisionnements mondiaux.

Les marchés européens de l'électricité clignotent au rouge à l'approche de l'hiver, rapporte l'agence Bloomberg. Les prix de gros de l'électricité pour le mois de janvier en Allemagne, première économie du continent, se négocient sur la bourse européenne de l'énergie (EEX) à plus de 180 euros le mégawattheure, soit une hausse de plus de 60 % par rapport à la même période de l'année précédente.
Le principal moteur de cette hausse est le gaz naturel, dont les prix ont grimpé ces dernières semaines alors que l'Europe peine à remplir ses stocks. Les tensions géographiques et la fermeture du détroit d'Ormuz ont coupé les approvisionnements en provenance du Qatar, accentuant la pression sur les marchés énergétiques.
Pressions Inflationnistes et Factures des Ménages
Ces coûts énergétiques élevés accentuent les pressions inflationnistes et posent des défis politiques majeurs aux gouvernements qui tentent de concilier la protection des consommateurs et la transition écologique. La hausse de l'électricité devrait alourdir les factures des ménages et des entreprises.
« Nous pouvons espérer un hiver ensoleillé et venteux. Sinon, les prix de l'électricité, du gaz et du charbon augmenteront encore », a déclaré Ulf Ek, directeur des investissements chez Northlander Commodity.
En cas d'hiver froid et d'approvisionnements restreints au Moyen-Orient, M. Ek s'attend à ce que les prix de l'électricité de gros augmentent de près de 50 %. L'impact variera considérablement d'un pays à l'autre : au Royaume-Uni, les factures d'énergie des ménages devraient grimper de 25 % en janvier, tandis qu'en Norvège, des subventions gouvernementales protégeront en grande partie les consommateurs.
Une Résilience Accrue mais des Vulnérabilités Persistantes
L'Europe se trouve dans une position bien plus solide que lors de la crise énergétique de 2022, lorsque l'arrêt du gaz russe avait fait exploser les cours au-delà de 1 000 euros le mégawattheure. Depuis, le continent a développé ses infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL) et diversifié ses fournisseurs.
Toutefois, la dépendance au GNL expose davantage l'Europe au marché mondial, où elle entre en concurrence avec d'autres acheteurs. Les perturbations lointaines se font ainsi ressentir directement sur le sol européen.





