Turquie : Erdogan confronté à une grave crise politique sur fond de corruption
Le président turc Recep Tayyip Erdogan affronte une crise politique majeure au sein de l'AKP, éclaboussé par un vaste scandale de corruption boursière impliquant de hauts responsables.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait face à l'une des crises politiques les plus graves de l'histoire du parti au pouvoir, alors qu'un vaste scandale de corruption secoue les marchés financiers et éclabousse des cadres dirigeants. Selon le journaliste et analyste turc Zafer Sahin, le Parti de la justice et du développement (AKP) traverse sa période la plus critique en 25 ans. Sahin souligne que, contrairement aux crises et tentatives de coup d'État passées, la menace actuelle émane de l'intérieur même du parti.
L'affaire a éclaté à la suite d'investigations d'envergure sur des manipulations boursières, des délits d'initiés et des profits illicites. De retour de Corée du Sud, le président Erdogan a exprimé sa consternation devant des journalistes, déclarant que la justice met en lumière des abus de pouvoir et des irrégularités commis par des personnalités insoupçonnées. Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations sans relâche pour traduire les coupables en justice.
Un tournant décisif est intervenu avec l'arrestation de Fatma Betul Sayan Kaya, ancienne ministre de la Famille et vice-présidente de l'AKP. Elle est soupçonnée d'infractions à la législation boursière et de transactions suspectes sur des actions du chantier naval Ozata Denizcilik. Selon l'opposition, elle et son mari auraient réalisé d'importantes plus-values sur des actions avant de liquider leurs positions. Kaya, qui a démissionné de ses fonctions en septembre, rejette ces accusations.
Cette crise des marchés financiers a conduit les autorités de régulation à liquider 131 fonds d'investissement gérés par sept sociétés, touchant près de 455 000 investisseurs. Plus de 430 personnes font actuellement l'objet d'enquêtes et des dizaines ont été arrêtées. Pour Sahin, cette affaire constitue un test majeur pour l'autorité d'Erdogan, bien décidé à sanctionner les contrevenants au nom de la transparence publique.




