Entre populisme et droit : pourquoi les maires ne peuvent pas arrêter les dirigeants mondiaux

Les déclarations des maires menaçant d'arrêter des dirigeants étrangers ne sont que du théâtre politique sans fondement juridique. La Constitution américaine et le droit international garantissent une immunité absolue aux chefs d'État, et la politique étrangère relève exclusivement du gouvernement fédéral.

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Entre populisme et droit : pourquoi les maires ne peuvent pas arrêter les dirigeants mondiaux
Photo : Ynet / צילום: מתוך X

De temps à autre, une fantaisie séduisante pour les politiciens locaux en Occident surgit dans les médias mondiaux : la déclaration selon laquelle, dès que le Premier ministre d'Israël atterrira dans leur ville, ils ordonneront à la police locale de l'arrêter et de le traduire en justice. Que la source de ces déclarations soit dans des capitales européennes ou qu'il s'agisse du maire de New York, ce gadget populiste réussit toujours à faire les gros titres et à enflammer les esprits.

Cependant, un gouffre profond sépare les titres populistes de la réalité juridique et politique.

Pour comprendre pourquoi une telle idée n'est pas raisonnable — et tout aussi dangereuse à mettre en œuvre — il est important de comprendre le cadre juridique international qui sous-tend la capacité d'un État à extrader une personne ou à la traduire devant une justice pénale internationale, et concernant les déclarations grandiloquentes du maire de New York, il est également important de comprendre les limites du droit constitutionnel américain.

L'immunité n'est pas un privilège — c'est une condition de l'ordre mondial

Le droit international coutumier établit un principe fondamental solide qui existe depuis des centaines d'années : une immunité absolue est accordée aux chefs d'État. Cette immunité n'est pas un privilège personnel accordé à une personne spécifique, et ne constitue pas une expression de soutien à sa politique ou à ses actions. Au contraire, elle constitue le cœur battant des relations diplomatiques internationales.

En effet, afin de promouvoir la stabilité dans les relations internationales et de favoriser des relations amicales entre les pays, il est important de s'assurer que les chefs d'État puissent voyager d'un endroit à un autre et participer à des activités diplomatiques. De plus, il existe une crainte réelle qu'en l'absence d'immunité, les poursuites pénales contre les chefs d'État soient utilisées à des fins politiques locales, tout comme nous l'avons vu récemment avec l'annonce du maire de New York.

Certes, il existe des cas exceptionnels où un chef d'État peut être poursuivi — lorsqu'il s'agit d'un chef d'État qui a quitté ses fonctions, ou d'un État sur lequel la Cour pénale internationale a compétence. Et pourtant, même dans ces cas exceptionnels, il existe des limites juridiques telles que le principe de complémentarité et l'obligation de négocier avant toute poursuite.

La logique sous-tendant l'institution de l'immunité vise à garantir que les dirigeants des États puissent se déplacer librement dans l'espace mondial pour mener des négociations, parvenir à des accords de paix et représenter leurs pays. Sans cette immunité, le monde deviendrait un Far West juridique : un procureur local au Texas pourrait arrêter le président de la Chine, un maire en France retiendrait le Premier ministre du Royaume-Uni, et la capacité de mener une diplomatie mondiale serait complètement paralysée.


Le frein fédéral : l'institution de la présidence et le droit américain

Au niveau structurel du gouvernement américain, la ville de New York — bien qu'elle soit la capitale de l'économie et de la culture mondiales — est en fin de compte une autorité locale. La Constitution américaine détermine sans équivoque que l'autorité pour gérer les relations étrangères et la politique étrangère est confiée à la branche fédérale seule, dirigée par le président des États-Unis. En conséquence, le maire de New York ne gère pas la politique étrangère des États-Unis, et le département de police de New York (NYPD) n'a aucune autorité légale ou constitutionnelle pour faire appliquer des procédures pénales internationales contre la position du gouvernement central.

Si un tel scénario hypothétique devait un jour se rapprocher de la réalité, le système fédéral aux États-Unis est équipé d'outils juridiques et opérationnels immédiats pour l'arrêter :

  • Avis officiel d'immunité : Le département d'État et le département fédéral de la Justice soumettent au tribunal un avis officiel confirmant l'immunité du dirigeant en exercice. La Cour suprême des États-Unis a statué à maintes reprises que cette détermination par la branche exécutive est absolument contraignante pour chaque tribunal dans le pays.

  • Le principe de suprématie fédérale : Une injonction fédérale supprime et annule immédiatement toute tentative d'un tribunal ou d'une police locale d'outrepasser son autorité et d'intervenir dans le domaine des relations étrangères.

  • Le cercle de sécurité fédéral : Les chefs d'État et de gouvernement en visite aux États-Unis ne sont pas sécurisés par la police locale, mais par le Secret Service fédéral, qui est directement subordonné à l'administration à Washington.

Il est important de se rappeler que les États-Unis ne sont pas membres du « Statut de Rome » et ne reconnaissent pas l'autorité de la Cour pénale internationale (CPI) sur leurs citoyens ou les citoyens de leurs alliés. De plus, la loi fédérale américaine (ASPA) interdit explicitement aux autorités locales et fédérales de coopérer avec les mandats de la CPI sans autorisation présidentielle explicite.

Populisme contre réalité juridique

Comme on peut le comprendre, les déclarations des chefs d'autorités locales concernant l'arrestation de dirigeants étrangers ne sont rien d'autre que du théâtre politique visant une base électorale locale. De telles déclarations exploitent le manque de compréhension de beaucoup dans le public concernant les mécanismes du droit international et du droit constitutionnel américain.

Un ordre mondial approprié nécessite des règles du jeu claires, car le statu quo existant concernant l'immunité est essentiel pour la stabilité des relations internationales. Le droit international et la Constitution américaine visent à garantir que la diplomatie, et les piliers du système international, ne deviennent pas esclaves d'un populisme local bon marché.

Prof. Mohammed Wattad, professeur titulaire (droit), président du Zefat Academic College

Dr. Tal Mimran, membre du corps professoral au Zefat Academic College et chercheur principal à l'Institut Tachlit

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