Entre le terrorisme palestinien et la violence des colons : qu’est-ce qui alimente l’escalade en Judée-Samarie ?

Au cours des trois dernières semaines, une forte hausse des incidents violents a été constatée en Judée-Samarie. Tsahal, la police et le Shin Bet ont annoncé un effort conjoint pour endiguer ce phénomène, mais la multiplication des avant-postes a réduit la ligne de contact, rendant la situation plus complexe. L’article analyse les dynamiques sur le terrain, l’opinion publique et les risques d’une escalade prolongée.

Source :Ynet
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Écoutez « Le titre » — le podcast d’actualités quotidien de ynet. Cette fois : la hausse des cas de violence en Cisjordanie.

« Ces derniers temps, nous constatons une augmentation de dizaines de pour cent des incidents entre Palestiniens et colons. Il y a de nombreuses raisons à cela, mais on observe une grande audace de la part des colons, qui se traduit par des incendies de mosquées, des intrusions dans des maisons privées, des dégradations de biens et des attaques contre des animaux. Cela a commencé il y a deux semaines avec un incendie à la ferme de Gilad, où environ 30 maisons ont brûlé. Au début, on a pensé à un incendie volontaire, mais Tsahal affirme que ce n’était pas intentionnel. Mais en Cisjordanie, une fois que le génie est sorti de la bouteille, il est très difficile de le remettre dedans », déclare le correspondant de ynet en Cisjordanie, Elisha Ben-Kimon.

« Cet incident a pris de l’ampleur. Après lui, il y a eu toutes sortes d’actes de criminalité nationaliste, avec un pic une semaine plus tard dans la zone du village de Tel. Tsahal, la police et le Shin Bet concentrent leurs efforts en Judée-Samarie pour faire baisser la tension. Au cours des trois dernières années, l’État d’Israël a complètement modifié le schéma de ses opérations dans les territoires. Il s’agit d’environ 170 fermes en Judée-Samarie — des événements de prise de terres qui créent des frictions. Aujourd’hui, de nombreux Palestiniens voient des colons faire paître leur bétail juste devant leurs fenêtres.

La ligne de contact s’est fortement réduite. Aujourd’hui, on parle de 14 foyers d’où partent les jeunes des implantations les plus extrémistes. La nouvelle politique du chef du Shin Bet, David Zini, est de permettre à Tsahal et à la police d’agir contre eux de manière coordonnée. Le cœur de l’action est d’isoler ce noyau violent du reste des personnes. Parallèlement, il y a aussi du terrorisme palestinien. Nous voyons des bergers dans les fermes qui tentent de se défendre contre des tentatives de vol d’armes, des jets de pierres et des agressions physiques. Tout cela conduit au résultat que nous observons sur le terrain. »

Selon Shira Maikin, conseillère au centre Acord de l’Université hébraïque, les événements violents en Judée-Samarie nuisent aux colons eux-mêmes. « En avril dernier, nous avons vérifié deux récits : le premier affirme que les implantations sont un atout sécuritaire pour Israël, le second que la violence des colons nuit à la sécurité de l’État. Il est intéressant de noter que 60 % du public juif adhère aux deux récits. Cela semble contradictoire, mais cela correspond à des positions complexes : on peut penser que les grandes implantations sont un atout, tout en estimant que ce qui se passe dans les avant-postes isolés nuit à Israël.

Il est prouvé que les mêmes personnes tiennent ces deux positions simultanément. Par exemple, 70 % des électeurs de Bennett pensent que la violence des colons nuit à la sécurité d’Israël, tandis que 50 % soutiennent aussi le récit de « l’atout ». Cependant, avec le temps, on observe davantage de soutien pour le récit du « préjudice » au détriment de celui de « l’atout ». Cela devrait inquiéter les responsables des implantations. »

Si vous l’avez manqué : vous êtes invités à écouter un autre de nos épisodes sur les hésitations du public religieux à l’approche des prochaines élections.

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