Critique de Dutton Ranch : le spin-off texan de Yellowstone déçoit
Dutton Ranch prolonge l'univers de Yellowstone au Texas avec Beth et Rip. Malgré la présence d'Annette Bening et Ed Harris, la série pèche par des clichés de soap opera et un manque d'audace.

L'univers télévisuel de "Yellowstone" poursuit son expansion, soulevant la question de savoir si cette boulimie narrative profite réellement aux spectateurs. Alors que les préquels "1883" et "1923" avaient su capturer l'essence rugueuse et incisive de la série originale, "Marshals" manquait cruellement d'inspiration et "The Madison" s'avérait franchement embarrassante. Présentée comme une suite directe, "Dutton Ranch" évite le naufrage total de cette dernière, sans pour autant briller par sa qualité.
Disponible en Israël via HOT, yes, Cellcom TV et Partner TV, la série suit Beth Dutton (Kelly Reilly) — fille de John Dutton, incarné à l'origine par Kevin Costner — et son époux Rip Wheeler (Cole Hauser). Le couple tente de s'établir au Texas pour fonder un nouveau ranch aux côtés de Carter (Finnettle), l'adolescent qu'ils ont adopté. Cet établissement irrite rapidement les figures locales, en premier lieu Violia Jackson (Annette Bening), matriarche richissime et reine de l'industrie bovine locale, qui perçoit les nouveaux arrivants comme une menace économique majeure. Violia s'appuie sur son fils violent Rob-Will (Jai Courtney) et son frère adoptif Joaquin (Juan Pablo Rabe) pour défendre ses intérêts.
Entre Conflits Territoriaux et Tragédie Amoureuse
Le conflit dépasse la simple rivalité territoriale dès lors que Rob-Will assassine un ouvrier agricole. En découvrant le corps, Rip choisit de le faire disparaître plutôt que de saisir les autorités. Parallèlement, une romance de type Roméo et Juliette se noue entre le jeune Carter et Oriana (Natalie Alyn Lind), petite-fille de Violia et fille de Rob-Will. Pour lier l'ensemble, le vétéran et vétérinaire Everett McKinney (Ed Harris) navigue entre les camps, se liant à la fois à Beth et Rip tout en maintenant des liens étroits avec Violia.
Les intrigues de "Dutton Ranch" se scindent globalement en trois registres : le western, le mélodrame et le racolage. Le temps d'écran se partage entre la glorification de la vie de cow-boy, les querelles dignes d'un soap opera entre femmes de pouvoir, et des séquences complaisantes. Si la romance entre Carter et Oriana manque cruellement de subtilité, la description de la vie à la ferme constitue paradoxalement l'élément le plus soigné et le plus attachant de la série.
Taylor Sheridan, créateur de "Yellowstone" et ici producteur exécutif, possède pourtant un talent indiscutable, signé par le passé sur des thrillers majeurs comme "Sicario" ou "Comancheria". Connu pour ses positions distantes vis-à-vis des diktats hollywoodiens progressistes, il livre ici une œuvre paradoxalement convenue. Loin de bousculer les conventions, "Dutton Ranch" ressasse des poncifs éculés avec un manque manifeste d'ambition artistique.
Malgré des critiques globalement bienveillantes, la présence lumineuse d'Annette Bening et d'Ed Harris parvient à sauver les meubles lors de leurs apparitions. Après quatre épisodes sur les neuf que compte cette première saison, le constat s'impose : pour les amateurs d'authenticité rurale, la série "La Ferme de Clarkson" sur Amazon Prime offre une alternative autrement plus convaincante.





