Des réservistes en procès pour sévices sur un détenu

Trois réservistes sont jugés devant le tribunal militaire de Beit Lid pour sévices aggravés sur un détenu au centre de détention de Naftali. Selon les médias, les soldats étaient intervenus après qu'une soldate a signalé des faits de harcèlement sexuel.

Source :Now14
Des réservistes en procès pour sévices sur un détenu
Photo : Now14 / חיילי צה"ל. צילום: דובר צהל

Trois réservistes sont jugés devant le tribunal militaire de Beit Lid pour sévices aggravés sur un détenu au centre de détention de Naftali. La chaîne 14 a rapporté mardi que les soldats étaient intervenus sur les lieux après qu'une soldate a signalé que le détenu l'avait harcelée sexuellement.

Selon les informations publiées, l'incident a eu lieu en décembre 2024. L'avocat des trois hommes, Me Efraim Damri, soutient qu'il s'agit d'un terroriste du Hamas impliqué dans les événements du 7 octobre. Le détenu a été renvoyé dans la bande de Gaza avant même l'ouverture de l'enquête de la police militaire, empêchant ainsi la défense de confronter ses déclarations à celles des soldats ou de l'interroger à la barre.

Au cœur de l'argumentaire de la défense figure l'absence de preuves visuelles des actes reprochés aux trois réservistes. Me Damri a vivement critiqué la procédure, la qualifiant d'« affaire absurde », soulignant que la plainte n'a été déposée que des mois après les faits, alors que le détenu n'était plus sous la garde des autorités.

La défense : les soldats paient un prix lourd

La députée Tali Gottlieb s'est rendue au tribunal pour soutenir les soldats et a dénoncé la conduite du parquet militaire. Selon elle, il est inacceptable que le système judiciaire privilégie la version d'un terroriste à celle des soldats. Mme Gottlieb a également affirmé que l'acte d'accusation omettait de mentionner les agressions sexuelles commises par le détenu à l'encontre de la soldate.

Sima Hasson, présidente de l'organisation « Marche des mères », était également présente à l'audience. Elle a rapporté que les trois soldats lui ont confié que cette procédure judiciaire « leur a gâché la vie » et que le poids de cette inculpation pourrait les poursuivre pendant des années.

Tsahal : l'accusation repose sur les témoignages des soldats

Le porte-parolat de Tsahal a rejeté l'affirmation selon laquelle l'acte d'accusation serait fondé sur la plainte du détenu. Selon la réponse officielle, le détenu n'a jamais témoigné et ne figure pas sur la liste des témoins. Tsahal a ajouté ne pas avoir connaissance d'une plainte concernant des faits de harcèlement sexuel commis par le détenu.

« Suite à un rapport reçu du centre de détention de "Naftali" concernant des soupçons de sévices sur un détenu en décembre 2024, une enquête de la police militaire a été ouverte. Le détenu était un résident de Gaza en situation irrégulière, arrêté en octobre 2024. Fin décembre 2024, l'ordre de détention a été annulé et il a été expulsé vers la bande de Gaza avant l'ouverture de l'enquête. Compte tenu des conclusions de l'enquête, qui ne comprenaient aucun témoignage du détenu, les suspects ont eu la possibilité de présenter leurs arguments, mais ils ont choisi de ne pas le faire. Le 1er juillet 2026, le parquet militaire a déposé un acte d'accusation. Celui-ci est basé sur les témoignages directs des suspects et d'autres soldats recueillis au cours de l'enquête. »

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