Des officiers de réserve alertent : une grave pénurie d'effectifs entrave les missions
Des officiers et soldats de réserve servant dans le sud du Liban signalent une grave pénurie de main-d'œuvre qui nuit à leur capacité à remplir leurs missions. Ils dénoncent une gestion des effectifs devenue insoutenable.

Des officiers et des combattants de réserve servant dans le sud du Liban, ou ayant servi dans le secteur récemment, signalent une grave pénurie de main-d'œuvre qui nuit à leur capacité à remplir leurs missions.
Selon les commandants de réserve, les taux de présence officiels des réservistes sont plus élevés qu'ils ne le sont en réalité, en raison de la méthode de calcul : les officiers du personnel vérifient d'abord qui ne peut pas se présenter pour une raison justifiée, et seuls ceux qui n'ont pas notifié leur absence à l'avance sont inclus dans le quota de 100 %. C'est à partir de ce nombre que sont dérivés les pourcentages de présence réels.
Un responsable du commandement dans une unité de réserve stationnée dans le nord raconte que si, au début de la guerre, une compagnie partant en manœuvre dans la bande de Gaza comptait des centaines de combattants, aujourd'hui, beaucoup ne se présenteraient pas pour une manœuvre significative. Pour les missions de « ligne » routinières, le taux de présence est encore plus bas, avec parfois seulement 70 combattants, voire moins.
En raison de la lourde charge et du fait que les combattants de réserve sont appelés à plusieurs reprises, Tsahal permet aux réservistes de servir selon un format « une semaine sur deux ». Cela crée une situation où, à tout moment, seule la moitié des soldats se trouve réellement dans le secteur, réduisant de fait les effectifs des compagnies.
Au milieu de la semaine dernière, une brigade de réserve opérant dans le sud du Liban a demandé à libérer certains combattants pour le week-end afin de les soulager. En raison de la réalité budgétaire complexe, Tsahal étant tenu de réduire les budgets de réserve, l'unité n'a pas été autorisée à convoquer des remplaçants pour le week-end sans mettre fin à l'ordre de réserve des soldats partis en permission. Après notre demande auprès de Tsahal, la question a été réglée.
« Le problème est qu'il n'y a pas d'horizon », disent les réservistes ayant déjà effectué des centaines de jours de service. « Ce serait une chose s'ils nous disaient : nous avons besoin de vous dans ce format pour encore un an pendant que nous formons plus de soldats du contingent. Mais ce n'est pas le cas. Des étudiants ont vu leur vie s'arrêter. L'armée impose des tâches, mais n'alloue pas assez de jours de réserve pour les accomplir. » Selon eux, il s'agit d'un phénomène large qui caractérise la quasi-totalité du dispositif de réserve.
Le porte-parole de Tsahal a déclaré : « L'allocation des quotas de réserve est déterminée en fonction des différentes tâches et des besoins de Tsahal. Nous soulignerons que les quotas de la brigade ont été adaptés à l'avance à la tâche opérationnelle, de sorte qu'il n'y a pas de préjudice à la préparation opérationnelle. Tsahal chérit et apprécie la contribution et l'engagement élevé des réservistes ainsi que leur volonté d'agir pour la sécurité de l'État d'Israël. »
