Dans les coulisses du chaos à l'aéroport Ben Gourion : « Il n'y a pas de grève, juste un manque de personnel »

Alors que les passagers de l'aéroport Ben Gourion subissent de longues attentes pour leurs bagages, les employés dénoncent une charge de travail extrême et une pénurie structurelle de personnel. Ils affirment que le modèle d'emploi actuel pousse les travailleurs expérimentés vers la sortie avant leur titularisation. L'Autorité aéroportuaire rejette ces accusations, invoquant la saisonnalité du travail et des accords collectifs en vigueur.

YnetAuteurs : Nina Fox, Iris Lifshitz-Kligler
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Dans les coulisses du chaos à l'aéroport Ben Gourion : « Il n'y a pas de grève, juste un manque de personnel »
Photo : Ynet / לוח הטיסות בנתב"ג ביום שישי האחרון

Il ne s'agit pas d'une « grève italienne » : dans l'ombre des retards importants au départ et de l'attente interminable des bagages à l'aéroport Ben Gourion, d'anciens et actuels employés dénoncent un manque de préparation criant pour la saison estivale. Selon eux, le modèle d'emploi de l'Autorité aéroportuaire d'Israël est responsable d'un roulement élevé du personnel et d'une pénurie chronique.

« Il n'y a pas de grève, et il n'y en a jamais eu. Un avion peut rester deux heures sans être traité, c'est la routine. Il y a énormément de travail et pas assez de monde. Chaque hiver, ils se séparent d'employés vétérans proches de la titularisation, et ensuite, on manque de bras en été », explique un employé.

Si l'Autorité aéroportuaire attribue ces retards à une « réaction en chaîne » liée à l'espace aérien grec, à la présence d'avions ravitailleurs américains et à la hausse du trafic, le personnel insiste sur le fait que le manque d'effectifs est la cause principale des difficultés opérationnelles.


« Personne ne veut travailler ici »

Le modèle d'emploi, encadré par la loi, repose sur trois catégories : les permanents, les temporaires sous convention collective et ceux sous contrat de deux ans. Comme le trafic chute en hiver, le système est conçu pour éviter d'accorder le statut de permanent à l'ensemble du personnel.

Le prix à payer, selon les employés, est une pénurie permanente en période de pointe. « Personne ne veut se casser le dos pendant les mois les plus durs pour être licencié en hiver », confie un bagagiste. Il décrit une situation où les équipes traitent 14 avions par quart au lieu des 4 à 6 prévus. « Nous sommes submergés. Cette pénurie est telle que les bagagistes se blessent ; les gens prennent des analgésiques pour tenir le coup. »

La réponse de la direction

Malgré ces critiques virulentes, aucun conflit social officiel n'a été déclaré. La direction souligne que le modèle d'embauche est régi par des conventions collectives signées avec la Histadrout. Récemment, le directeur par intérim de Ben Gourion, Zohar Gefen, a adressé une lettre aux employés pour exprimer sa gratitude pour leur dévouement, assurant que la direction met tout en œuvre pour soutenir les équipes durant le pic d'août.

Dans un communiqué officiel, l'Autorité aéroportuaire a qualifié les accusations liant les retards au modèle d'emploi d'« absurdes » et « factuellement incorrectes », rappelant que les effectifs sont ajustés tout au long de l'année conformément aux accords de travail en vigueur.

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