Crise du carburant en Cisjordanie : chaos dans les stations-service et luttes de pouvoir
Les résidents de Cisjordanie sont confrontés à une pénurie de carburant depuis trois semaines. L'Autorité palestinienne invoque des retards dans les recettes fiscales, tandis que les propriétaires de stations-service dénoncent une mauvaise gestion des fonds.
Les résidents palestiniens de toute la Cisjordanie sont confrontés à une pénurie de carburant depuis trois semaines. Cette situation a entraîné la fermeture de nombreuses stations-service, des altercations entre conducteurs et un stockage massif de bidons dans les foyers.
L'Autorité palestinienne (AP) invoque des difficultés techniques et un retard dans le transfert des recettes fiscales pour expliquer la situation. De leur côté, les propriétaires de stations-service accusent l'AP d'avoir utilisé les fonds destinés à l'achat de carburant à d'autres fins. Des sources à Ramallah indiquent que cette crise a mis en lumière des luttes d'influence au sein du Fatah et des désaccords sur le contrôle du marché du carburant.
Une gestion de crise contestée
Au début de la pénurie, l'AP a tenté de projeter une image de contrôle en diffusant des annonces sur l'approvisionnement et en appelant la population à ne pas stocker de carburant. Cependant, face à l'aggravation de la situation et à l'allongement des files d'attente, l'AP a commencé à rejeter la responsabilité sur Israël, pointant du doigt les pressions des fournisseurs israéliens et la crise des recettes fiscales, tout en cherchant à limiter les critiques publiques à l'égard de sa direction.
Des figures de l'opposition et des responsables des services de sécurité palestiniens estiment que des luttes politiques et commerciales internes sont à l'œuvre. Les propriétaires de stations-service maintiennent que la racine du problème réside dans la gestion économique de l'AP elle-même.
Les enjeux économiques
La majeure partie du carburant en Cisjordanie provient d'Israël via l'Autorité palestinienne du carburant. L'AP affirme que les retards dans le transfert des recettes fiscales — fonds collectés par Israël pour l'AP conformément aux accords d'Oslo — compliquent le paiement des fournisseurs israéliens.
Cependant, cette explication est rejetée par de nombreux acteurs du système palestinien, qui pointent du doigt la gestion des fonds d'achat. À mesure que la crise perdure, il apparaît clairement que la pénurie de carburant n'est qu'un symptôme d'une crise plus profonde au sein de l'AP, marquée par des difficultés économiques, des luttes de pouvoir et une érosion croissante de la confiance du public.
