Test de Control Resonant : Une suite audacieuse et déroutante
Control Resonant métamorphose la franchise de Remedy en un monde ouvert audacieux, misant sur l'exploration gravitationnelle, des combats au corps à corps intenses et un récit familial captivant.

Sept ans après la sortie de Control, un jeu qui a redéfini le genre solo avec autant d'impact que Spider-Man pour les jeux de bandes dessinées, Remedy Entertainment revient avec une suite très attendue : Control Resonant. Plutôt que de simplement reproduire la formule gagnante de 2019, le studio finlandais a choisi de tout réinventer en changeant radicalement de genre.
Une nouvelle perspective et un monde ouvert
Du point de vue narratif, Resonant se déroule dans la continuité du premier volet, mais place le joueur dans la peau d'un nouveau protagoniste : le frère du personnage principal original. Ce choix oriente l'histoire vers une dynamique familiale plus intime, centrée sur la recherche d'une sœur disparue. Si les interactions entre les personnages apportent un ancrage émotionnel bienvenu, le bouleversement le plus radical réside dans le passage d'un décor unique et clos—le bâtiment labyrinthique du Bureau—à un monde ouvert étendu dans les rues de New York.
Le postulat narratif est audacieux : les forces obscures ont brisé le confinement pour se propager à grande échelle. Cependant, transformer un jeu de tir à la troisième personne confiné en un jeu en monde ouvert comporte un prix technique et ludique. Durant les premières heures, le changement s'avère déroutant. Les travers classiques du monde ouvert ressurgissent, tels que des dialogues rigides, des quêtes secondaires dispensables et des ruptures de ton maladroites entre une horreur psychologique pesante et des notes d'humour déplacées.
Navigar dans une géométrie impossible
Le monde de Resonant ignore superbement la géométrie classique. Les rues se tordent, l'architecture défie les lois de la gravité et les perspectives basculent en un instant, transformant une façade murale en sol praticable. Cette conception environnementale audacieuse offre une dimension verticale fascinante qui renouvelle profondément l'exploration et les combats.
Control Resonant est une suite audacieuse, imparfaite mais d'une originalité rare, qui troque la claustrophobie psychologique du premier épisode contre un monde ouvert gravitationnel et complexe.
Cependant, cette liberté spatiale se heurte à un problème ergonomique majeur : la carte. Tenter de se repérer dans un espace multidimensionnel à l'aide d'une interface bidimensionnelle génère une frustration intense au début de l'aventure. Une fois cette courbe d'apprentissage surmontée, se déplacer et combattre dans ces arènes mouvantes procure un plaisir grisant.
Évolution des combats et performances
Le système de combat a lui aussi fait l'objet d'une refonte majeure, s'orientant résolument vers le combat rapproché et l'action au corps à corps. Moins axé sur la lévitation et la télékinésie pure, le titre propose des affrontements intenses et impitoyables qui exigent une gestion rigoureuse des ressources et des compétences.
Techniquement, le jeu impressionne par sa direction artistique hallucinante, malgré quelques chutes de fluidité constatées sur PlayStation 5 en mode Performance lors des séquences les plus chaotiques.
Bilan
Control Resonant n'est pas exempt de défauts et souffre d'un manque d'uniformité. Pourtant, pour les amateurs de science-fiction hallucinée et de propositions vidéoludiques audacieuses, il demeure une œuvre rare qui mérite toute votre patience.





