Combien l'État paie-t-il pour chaque enfant et est-il juste qu'une famille nombreuse reçoive davantage ?
Environ 1,3 million de familles reçoivent des allocations familiales pour environ 3,2 millions d'enfants, tandis que l'État verse 58 shekels par mois sur l'épargne de chaque enfant. Bien que 28 % des enfants en Israël vivent sous le seuil de pauvreté, des études montrent que la réduction des allocations a stimulé la participation au marché du travail, tout en ayant un impact limité sur le taux de natalité.

Les allocations familiales en Israël reposent sur une idée simple : l'État participe aux coûts de l'éducation des enfants, c'est pourquoi les versements parviennent à presque toutes les familles sans test de revenus. Cependant, une question économique complexe se pose : que se passe-t-il lorsque cette aide s'accumule pour atteindre des milliers de shekels par mois, surtout dans les familles nombreuses à faible revenu ? Ce n'est pas qu'une question théorique. Israël a déjà modifié le niveau des allocations par le passé, et des études ont examiné l'impact de ces mesures sur l'entrée sur le marché du travail et, dans une mesure plus limitée, sur le taux de natalité.
Élever des enfants implique des dépenses importantes : nourriture, vêtements, éducation et activités périscolaires ne sont que les coûts directs. Les familles nombreuses ont souvent besoin d'un logement plus grand, et les parents peuvent réduire leurs heures de travail. Par rapport à ces dépenses, l'allocation ne couvre qu'une petite fraction.
Structure des allocations en 2026
En 2026, une famille avec un enfant reçoit 173 shekels par mois, deux enfants reçoivent 392 shekels, trois reçoivent 611 shekels et quatre reçoivent 830 shekels. Une famille avec dix enfants reçoit 1 868 shekels par mois. Le montant n'augmente pas uniformément : 173 shekels pour le premier enfant, 219 shekels pour chaque enfant du deuxième au quatrième, et un retour à 173 shekels par enfant à partir du cinquième. Les familles bénéficiant d'une aide au revenu, d'une pension alimentaire ou d'une pension de vieillesse avec complément de revenu ont droit à 113 shekels supplémentaires pour le troisième et le quatrième enfant.
De plus, l'État verse 58 shekels par mois sur une épargne à long terme pour chaque enfant. Les parents peuvent ajouter 58 shekels supplémentaires de leur allocation, atteignant un dépôt mensuel de 116 shekels. Ces fonds appartiennent à l'enfant et sont distincts de l'argent utilisé pour les dépenses courantes de la famille.
Contexte social et pauvreté
En mai 2026, près de 1,3 million de familles recevaient des allocations pour 3,19 millions d'enfants. L'argument en faveur des allocations universelles est qu'elles évitent la bureaucratie et empêchent la perte d'aides en cas de légère augmentation de salaire. Cependant, le rapport sur la pauvreté de l'Institut national d'assurance de 2024 a révélé que 28 % des enfants (environ 880 000) vivent sous le seuil de pauvreté. Une allocation de 611 shekels pour une famille de trois enfants représente moins de 5 % du seuil de pauvreté (13 303 shekels pour une telle famille), ce qui la rend insuffisante comme seule source de subsistance.
Impact sur le travail et la natalité
Une étude de la Banque d'Israël analysant l'impact des réductions d'allocations au début des années 2000 a montré une augmentation de la participation au marché du travail : 3,6 points de pourcentage chez les femmes et 2,3 points de pourcentage chez les hommes dans les familles nombreuses. Bien que les conditions aient changé, le principe demeure : des paiements de transfert significatifs peuvent influencer les décisions professionnelles.
L'impact sur le taux de natalité est débattu. Une étude sur la période 1994–2007 a montré un impact global faible (moins de 2 %), bien que la probabilité de naissance ait augmenté de 6 à 7 % chez les femmes arabes mariées et de 3 % chez les femmes ultra-orthodoxes. Économiquement, les allocations ne déterminent pas à elles seules l'agrandissement de la famille, mais deviennent un facteur lorsque le soutien est significatif par rapport au revenu.
En fin de compte, le défi de l'État est de construire un système où le soutien aux enfants ne sape pas l'incitation à augmenter ses revenus. Les allocations de base, l'épargne à long terme et l'aide ciblée aux familles à faible revenu doivent fonctionner en parallèle, garantissant que l'augmentation des revenus du travail laisse toujours à la famille plus de fonds disponibles.





