La valse des marques chinoises en Israël met les automobilistes en danger

La faillite d'importateurs comme Automax et le transfert de licences de marques chinoises privent les clients de pièces détachées et de service après-vente. Les experts appellent à la vigilance face à l'effondrement de la valeur résiduelle.

CalcalistAuteur : Tomer Hadar
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La valse des marques chinoises en Israël met les automobilistes en danger
Photo : Calcalist / צילום: יצרן

Au cours des dernières semaines, le marché automobile israélien a été secoué par de nombreux changements de licences concernant les marques chinoises. Ces transferts ou disparitions soudaines de réseaux de distribution représentent un risque majeur pour les consommateurs.

Récemment, il a été révélé que les licences d'importation des marques chinoises JAC et Yudo allaient passer des mains d'Automax, en faillite, à celles de l'importateur Delhom, qui distribue actuellement ses véhicules via la chaîne de supermarchés Rami Levy. La procédure de redressement d'Automax a mis en lumière la situation critique des clients : des dizaines de propriétaires se retrouvent avec des véhicules sans pièces de rechange, sans entretien et dont la valeur s'effondre. Environ 40 clients, soit près de 10 % des véhicules importés par Automax, possèdent aujourd'hui une voiture en panne impossible à réparer.

De même, la marque Forthing est passée du groupe historique UMI à Auto Chen. Ces transferts de licences ne sont pas le signe d'une activité florissante, mais découlent de difficultés commerciales majeures en Israël, dont les clients paient le prix fort.

Pénurie de pièces et chute de la valeur résiduelle

De nombreux propriétaires de véhicules chinois ne peuvent plus passer le contrôle technique annuel en raison d'une pénurie de pièces détachées. D'autres signalent une absence totale de batteries de rechange, comme le confirment les documents des liquidateurs d'Automax. Si la loi israélienne impose aux importateurs de fournir des pièces « dans la mesure de leurs capacités », cette obligation devient caduque lorsque le constructeur ou l'importateur fait faillite.

Pour éviter ces désagréments, les experts recommandent de suivre cinq règles d'or avant tout achat.

1. Suivre l'actualité financière en Chine

Les difficultés des marques peuvent être locales ou globales. Une simple recherche en ligne permet de vérifier la santé financière du constructeur en Chine. Les rapports faisant état de dettes fournisseurs, de licenciements ou de difficultés à lever des fonds se traduisent presque toujours par une disparition de la marque à l'étranger sous quelques mois.

2. Évaluer la solidité de l'importateur local

Automax et EV Motors sont des exemples d'importateurs ayant fait faillite malgré des lancements fastueux. Les clients d'Automax ignoraient que l'entreprise faisait l'objet d'enquêtes du ministère des Transports et de l'administration fiscale, pourtant signalées à la Bourse. Il convient de se renseigner sur la santé financière de l'importateur au-delà du marketing des showrooms.

3. Analyser les chiffres d'immatriculation

Plusieurs marques chinoises comme Eveasy, Skywell ou Seres affichent un volume de livraisons nul ou dérisoire cette année en Israël. Acheter un véhicule d'une marque dont les ventes sont au point mort expose le client à un arrêt rapide du support technique, même si l'importateur tente d'écouler ses stocks via des remises agressives.

4. Repérer les ventes massives aux soldeurs en périphérie

Pour atteindre les objectifs imposés par les constructeurs chinois, certains importateurs en difficulté bradent leurs stocks à des sociétés de leasing ou à des revendeurs non officiels en périphérie. Ce phénomène a été observé pour WM Motor et JAC juste avant leur retrait du marché.

5. Se méfier des campagnes promotionnelles illogiques

Des offres anormales doivent alerter les acheteurs. Par exemple, la marque Wey a annoncé l'épuisement de ses stocks en raison d'une « forte demande », avant de cesser toute commercialisation en Israël. De même, la vente à prix cassés de modèles stockés depuis plus d'un an (comme la Eveasy Limo ou la Dongfeng Box) témoigne d'un blocage commercial évident.

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