Boycott et harcèlement à l'école : quand la négligence du personnel permet-elle de réclamer des dommages-intérêts ?
La responsabilité du personnel éducatif peut également s'appliquer aux incidents sur les réseaux sociaux. Quelle est la différence entre un incident ponctuel et un harcèlement continu, que faut-il prouver - et dans quels cas les indemnisations peuvent-elles atteindre des millions de shekels ? L'avocat Uria Rosenblat éclaire les aspects juridiques.

Avec le retour des enfants à l'école et à la maternelle, une profonde inquiétude surgit à nouveau chez de nombreux parents : que se passe-t-il lorsque notre enfant souffre de harcèlement répété, de boycott social ou de violence, et que le personnel éducatif ne fait pas assez pour l'empêcher ?
Pour mettre de l'ordre dans cette question complexe et sensible, nous avons discuté avec l'avocat Uria Rosenblat. Son cabinet est spécialisé dans le droit de la responsabilité civile, et en particulier dans les dommages causés aux élèves dans le système éducatif à la suite de boycotts, de harcèlement et de manquements éducatifs.
Quand la conduite d'une école est-elle considérée comme une négligence ?
Le point de départ juridique est que la responsabilité d'un enseignant ou d'un membre du personnel éducatif envers un élève est comparable à la responsabilité d'un parent envers ses enfants, et plus les élèves sont jeunes, plus cette responsabilité devient grande.
La loi distingue différents types de cas. Lorsqu'il s'agit d'un incident soudain et ponctuel, comme un élève qui pousse son camarade pendant une récréation sans avertissement préalable, il est très difficile d'imputer une responsabilité juridique à l'enseignant, car il n'avait aucune capacité de prévoir ou d'empêcher l'incident. La situation est complètement différente lorsqu'il s'agit d'un harcèlement continu et répété dont le personnel était au courant ou aurait dû prévoir à l'avance.
Dans les cas où l'on sait qu'un élève appartient à un groupe à risque en raison de ses antécédents religieux, ethniques ou de son orientation sexuelle, le personnel doit faire preuve d'une sensibilité et d'une surveillance accrues. Rosenblat souligne que l'État a défini des règles très claires pour faire face à ces situations.
« Nous avons une circulaire actualisée du directeur général qui détaille point par point comment le personnel doit agir en cas de boycott social ou de climat éducatif dégradé », déclare Rosenblat. La circulaire clarifie les méthodes de traitement, qui suspendre, quand contacter les services sociaux ou la police, et souligne que la responsabilité de l'école ne se limite pas aux heures de cours mais s'étend également à l'espace numérique et aux réseaux sociaux où se produisent aujourd'hui la plupart des boycotts.
Preuve du dommage et montant de l'indemnisation
Les tribunaux ont tendance à traiter la violation d'une circulaire du directeur général comme une violation d'une obligation légale, ce qui facilite considérablement la preuve de la négligence dans une action en responsabilité civile. Dans le monde de la responsabilité civile, l'accent principal est mis sur le dommage réel causé à l'élève et non seulement sur l'acte lui-même.
Un enfant qui traverse un système continu d'abus et de harcèlement peut finir avec des dommages mentaux graves et des pourcentages d'invalidité importants. L'expert a ajouté que les tribunaux ont déjà statué par le passé sur des indemnisations importantes, allant de centaines de milliers de shekels dans des cas de manquements locaux à des millions de shekels dans des cas particulièrement graves de dommages mentaux sévères.
Cependant, pour gagner un tel procès, il faut prouver non seulement que le personnel éducatif a été négligent dans le traitement des cas, mais aussi qu'il existe un lien direct entre le manquement de l'école et le dommage causé à l'enfant. Les plaignants doivent convaincre le tribunal que si le personnel éducatif avait agi à temps et de manière correcte conformément aux directives, le grave dommage causé à l'élève aurait été complètement évité.





