Bnei Brak : les portails d'une école publique religieuse soudés par malveillance
Les élèves de l'école publique religieuse Afikim à Bnei Brak ont trouvé leurs portails soudés lundi matin, illustrant les vives tensions liées à la mixité dans cette ville ultra-orthodoxe.

Des portails soudés et cadenassés
Les élèves de l'école publique religieuse « Afikim » à Bnei Brak ont découvert lundi matin que les portails en fer de leur établissement avaient été soudés et verrouillés. L'incident a nécessité l'intervention de la police, qui a dû utiliser une meuleuse pour forcer les verrous afin de permettre aux enfants, âgés de six et sept ans, d'accéder à leurs classes.
Les parents d'élèves dénoncent une campagne de harcèlement systématique de la part de la municipalité ultra-orthodoxe et de certains résidents locaux qui s'opposent à la présence d'une école mixte (garçons et filles) publique religieuse (Mamlachti-Dati) dans la ville.
Un calvaire qui dure depuis un an
Selon les familles, les difficultés de l'école ont commencé au début de la guerre, lorsqu'une roquette est tombée à proximité de l'établissement, brisant toutes les vitres.
Sarit, mère d'un élève, témoigne des conditions difficiles vécues depuis lors :
« La municipalité a sauté sur l'occasion pour nous reléguer dans une structure temporaire au sein d'une yeshiva à l'autre bout de la ville. Pendant un an, nos jeunes enfants de CP et CE1 ont dû étudier dans des conditions déplorables, sans climatisation, sans sanitaires décents, avec des refoulements d'égouts et des pannes d'électricité répétées. »
Elle ajoute que malgré les promesses de retour après les fêtes, le bâtiment d'origine a finalement été entièrement rénové pour être attribué à un autre public.
Il y a un mois, l'école a enfin été transférée dans un nouveau bâtiment, mais les tensions persistent. Selon les parents, la mairie n'avait initialement installé aucun panneau indicateur pour la rentrée, avant d'en poser un s'adressant uniquement aux filles, ignorant le caractère mixte de l'établissement.
Intervention policière et versions contradictoires
Après la découverte du portail soudé lundi matin, la directrice de l'école a déposé une plainte auprès de la police israélienne, qui a procédé à l'ouverture forcée des accès.
Alors que les enseignants et les parents accusent la municipalité d'avoir délibérément bloqué les accès pour les pousser vers la sortie, le porte-parole de la mairie de Bnei Brak a nié toute responsabilité, attribuant cet acte de vandalisme à un « voisin extrémiste ».
La réponse de la municipalité
La municipalité de Bnei Brak a publié un communiqué affirmant que plusieurs établissements scolaires de différents courants cohabitent dans ce complexe. Afin d'éviter les frictions, la ville affirme avoir investi des centaines de milliers de shekels pour aménager des entrées séparées et sécurisées pour chaque institution, y compris pour l'école « Afikim ».
La mairie a déclaré :
« Malheureusement, la direction de l'école a choisi d'ignorer ces accords préalables. Au lieu d'utiliser le portail qui leur était réservé, les élèves et le personnel se sont présentés ce matin devant un autre portail et, dans une démarche populiste et inutile, ont refusé d'emprunter l'entrée réglementaire, préférant attendre dehors que le portail soit forcé. »
La ville qualifie les accusations de discrimination de « totalement infondées », rappelant qu'elle a financé à deux reprises des solutions de relogement conformes aux directives du ministère de l'Éducation.
De leur côté, les enseignants réfutent cette version, affirmant que tous les portails étaient verrouillés. Les parents précisent également que l'entrée alternative était fermée car le ministère de l'Éducation la jugeait non conforme et dangereuse. Selon eux, cette séparation forcée vise à masquer la mixité de l'école—qui accueille aussi des classes d'éducation spécialisée—aux yeux des usagers d'un jardin d'enfants ultra-orthodoxe adjacent.





