Un nouveau test urinaire à domicile détecte le cancer de la vessie à 92 %

Un essai clinique mené au Royaume-Uni démontre qu'un test urinaire génétique à domicile détecte le cancer de la vessie avec une précision de 92 %, évitant des examens invasifs.

Source
Un nouveau test urinaire à domicile détecte le cancer de la vessie à 92 %
Photo : ICE / בדיקת שתן ביתית (צילום Shutterstock)

Une avancée médicale majeure réalisée au Royaume-Uni pourrait transformer radicalement le diagnostic et la prise en charge du cancer de la vessie. Un vaste essai clinique mené dans sept centres hospitaliers du service public de santé britannique (NHS) révèle qu'un simple test urinaire à domicile permet de détecter plus de 92 % des cas de la maladie.

Ce test innovant, développé par l'Université de Birmingham en collaboration avec la société Nonacus, vise à optimiser le triage des patients présentant des symptômes tels que la présence de sang dans les urines (hématurie), leur évitant ainsi des examens invasifs et douloureux.

Le séquençage génétique au service du diagnostic

La technologie, baptisée GALEAS Bladder, repose sur un séquençage génétique de pointe capable de détecter des fragments d'ADN tumoral libérés par les cellules de la vessie dans l'urine. Le test analyse plus de 450 mutations génétiques distinctes sur 23 gènes associés aux tumeurs malignes.

Sur un échantillon de 964 participants, le test a identifié avec certitude tous les cas de cancer avec invasion musculaire, ainsi que 35 des 36 tumeurs de haut grade. La donnée la plus remarquable concerne la valeur prédictive négative : un résultat négatif garantit à 99,3 % que le patient ne souffre pas de la maladie.

Alléger la charge des systèmes de santé

Actuellement, le protocole standard face à une hématurie impose une cystoscopie, un examen invasif et inconfortable consistant à introduire une caméra miniature par l'urètre jusqu'à la vessie. Rien qu'au Royaume-Uni, plus de 300 000 cystoscopies sont pratiquées chaque année, provoquant d'importants goulots d'étranglement et des listes d'attente prolongées.

Selon les estimations des chercheurs, l'intégration de ce kit urinaire à domicile comme outil de dépistage primaire permettrait de reporter en toute sécurité la cystoscopie pour les patients à faible risque, évitant ainsi environ 730 examens invasifs pour 1 000 patients testés.

Le professeur Amos Neeman, chef du service d'urologie au centre médical Meir (groupe Clalit), explique :

« Le cancer de la vessie est le quatrième cancer le plus fréquent chez l'homme et le huitième chez la femme. Il se caractérise par un taux de récurrence élevé qui nécessite un suivi prolongé et régulier. »

Le spécialiste souligne que ce nouveau test constitue un bond technologique majeur car il repose sur l'analyse de l'ADN urinaire et non sur des protéines. Il précise toutefois qu'à ce stade, le dispositif est principalement destiné au dépistage initial et ne remplace pas encore totalement la cystoscopie en cas de résultat positif.

Dans la même rubrique