Israël étudie la fin de la séparation de Bezeq pour fusionner avec yes

Les ministères israéliens des Communications et des Finances examinent la fin de la séparation structurelle de Bezeq, ouvrant la voie à une fusion avec yes et à d'importants gains fiscaux.

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Israël étudie la fin de la séparation de Bezeq pour fusionner avec yes
Photo : ICE / בזק (צילום shutterstock)

Le marché israélien des télécommunications s'apprête à connaître un tournant majeur : les ministères des Communications et des Finances étudient la possibilité de supprimer l'obligation de séparation structurelle imposée à Bezeq depuis 2000, ouvrant la voie à une fusion complète entre l'opérateur d'infrastructures et sa filiale de télévision par satellite yes.

Discussions réglementaires et conditions

Les discussions sont menées ces dernières semaines par le directeur général du ministère des Communications, Elad Makdasi, en vue de lancer une consultation publique. Les ministères ont indiqué au journal TheMarker que la question est toujours à l'étude et qu'aucune décision définitive n'a été prise, estimant qu'une fusion effective n'interviendrait pas avant 2027. Bezeq n'a pas souhaité commenter ces informations.

Les services gouvernementaux estiment que Bezeq a rempli ses obligations réglementaires en ouvrant le marché à la concurrence, notamment à travers le déploiement massif d'infrastructures en fibre optique ouvertes aux concurrents, réduisant ainsi la nécessité de maintenir la séparation structurelle. Néanmoins, les régulateurs prévoient que toute approbation sera subordonnée à des restrictions strictes, telles qu'une séparation opérationnelle entre la branche infrastructures et les activités de détail.

Enjeux stratégiques et financiers

Pour Bezeq, dirigé par le président Tomer Ravad et le directeur général Nir David, ce changement stratégique améliorera considérablement ses capacités marketing. L'abolition de la séparation permettra au groupe de proposer pour la première fois des offres groupées combinant Internet et télévision, comblant ainsi son retard face à Hot, Cellcom et Partner. Cette offre unifiée facilitera également le transfert d'environ 400 000 clients encore raccordés au réseau cuivre vers la fibre optique.

La fusion permettra à Bezeq de valoriser un actif fiscal découlant des pertes cumulées de yes, s'élevant à environ 5,3 milliards de shekels, ce qui devrait accroître le bénéfice net du groupe d'environ 120 millions de shekels par an.

Cette compensation fiscale permettra d'économiser près de 1,2 milliard de shekels sur une décennie. Par ailleurs, cette évolution accélérera la restructuration de yes, qui a déjà annoncé son intention de réduire ses effectifs d'environ 14 % dans les années à venir.

Réactions du marché et contexte historique

Les réactions du marché des télécommunications sont mitigées. Certains concurrents se disent prêts à affronter un Bezeq unifié, compte tenu de la solidité de la concurrence sur les infrastructures de fibre menée par IBC et Partner. D'autres acteurs expriment en revanche une vive opposition, craignant un excès de pouvoir de marché pour l'opérateur historique.

La séparation structurelle avait été imposée à Bezeq au début des années 2000 afin d'empêcher le monopole d'abuser de son contrôle sur les infrastructures nationales. La question de sa suppression avait notamment été au centre de l'affaire 4000. Une tentative précédente d'annulation avait été rejetée en 2020 en raison de la fragilité de la concurrence, mais l'évolution des infrastructures a aujourd'hui motivé une réévaluation de la politique sectorielle.

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