Mort d'un détenu en prison : la famille réclame une enquête
Le père de Yosef Haim Ben David, meurtrier condamné, demande une enquête judiciaire sur sa mort en prison, dénonçant une grave négligence médicale et un suivi psychiatrique défaillant.
Le père de Yosef Haim Ben David, condamné pour le meurtre du jeune Muhammad Abu Khdeir en 2014, a saisi la justice par l'intermédiaire de l'organisation Honenu pour demander une enquête sur les circonstances de la mort de son fils. Ben David est décédé à la prison de HaSharon à l'âge de 42 ans, après des semaines de négligence médicale alléguée et un changement non contrôlé de son traitement psychiatrique.
Alertes et détérioration en détention
Selon la requête déposée devant le tribunal, l'état de santé mentale et physique de Ben David s'est considérablement dégradé après son transfert de la prison d'Ayalon vers celle de HaSharon durant l'été. Ses proches et ses représentants légaux avaient averti à plusieurs reprises les autorités pénitentiaires de son aggravation, signalant des épisodes de confusion sévère, des pertes de mémoire, des tremblements et des états catatoniques. La veille de sa décennie, Ben David avait été brièvement hospitalisé au centre psychiatrique du Service des prisons d'Israël (SPI) avant d'être renvoyé dans sa cellule le soir même.
« Il s'agit manifestement d'une défaillance médicale enveloppée d'un échec et d'une indifférence organisationnelle », ont souligné les avocats de la famille dans la requête, précisant que les proches avaient appris son décès par les médias avant d'être officiellement prévenus.
Rappel des faits et condamnation
L'affaire remonte à juillet 2014, lorsque Ben David et deux mineurs avaient enlevé Muhammad Abu Khdeir à Shuafat, à l'est de Jérusalem, avant de le rouer de coups et de le brûler vif dans la forêt de Jérusalem. Ben David avait été condamné à la réclusion à perpétuité et à 20 années supplémentaires. En 2018, la Cour suprême avait rejeté son appel fondé sur des arguments d'aliénation mentale.
En réponse à la requête, le Service des prisons d'Israël a indiqué que les circonstances du décès font l'objet d'une enquête interne, comme le veut la procédure pour tout décès de détenu. Le SPI a rappelé que tous les prisonniers bénéficient de soins médicaux adaptés à leur état, tout en invoquant le secret médical pour ne pas divulguer de détails spécifiques.