Israël : les banques accusées de profiter des transferts des clandestins
Les banques israéliennes et les bureaux de change sont accusés de tirer profit du travail clandestin en facilitant le transfert mensuel de 450 millions de shekels non déclarés vers l'étranger.

Le phénomène des travailleurs étrangers clandestins en Israël continue de prendre de l'ampleur. Selon Hila Ben Yitzhak, directrice générale de l'association des corporations de main-d'œuvre étrangère dans le secteur du bâtiment, les institutions financières — principalement les banques et les bureaux de change — profitent directement de cette situation.
« Les banques et les bureaux de change facilitent les transferts de fonds des travailleurs étrangers illégaux et perçoivent des commissions sur de l'argent noir. Ils ne font rien pour endiguer ce phénomène en Israël. »
L'ampleur du marché du travail clandestin
Actuellement, environ 80 000 travailleurs étrangers sont employés en Israël sans autorisation légale. Ce chiffre comprend :
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Environ 41 000 travailleurs clandestins dans tous les secteurs (dont 14 000 dans la construction) ;
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Environ 17 000 migrants clandestins de Judée et Samarie ;
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Environ 22 000 touristes travaillant sans visa valide.
Au-delà de l'aspect légal, l'économie israélienne subit un manque à gagner colossal. Hila Ben Yitzhak affirme que l'emploi de ces clandestins prive l'État d'environ 1 milliard de shekels par ans en impôts sur le revenu, cotisations de sécurité sociale, taxes sur la main-d'œuvre étrangère et prélèvements de santé.
Selon ses données, les 41 000 travailleurs clandestins (hors touristes et migrants de Judée-Samarie) transfèrent chaque mois environ 450 millions de shekels vers l'étranger, une somme totalement soustraite au fisc.
Un double standard réglementaire
Hila Ben Yitzhak dénonce une profonde injustice entre les exigences imposées aux citoyens israéliens et la facilité déconcertante avec laquelle les clandestins transfèrent des fonds. Alors qu'un citoyen doit justifier minutieusement tout dépôt inhabituel, les travailleurs illégaux opèrent presque sans aucun contrôle.
Cette problématique a fait l'objet d'un débat récent à la Knesset, au sein de la commission spéciale sur les travailleurs étrangers présidée par la députée Hava Eti Atia. Les discussions ont mis en lumière une « défaillance systémique et non fortuite » du secteur bancaire et des bureaux de change, qui n'exigent aucun visa de travail valide lors des transferts.
Face à ce constat, les corporations de main-d'œuvre étrangère du bâtiment ont saisi le Contrôleur des banques. Elles demandent l'instauration d'une directive obligeant les banques à vérifier la validité du permis de séjour avant d'autoriser tout transfert de fonds par un ressortissant étranger.
« Les banques et les bureaux de change ont le pouvoir d'arrêter ce phénomène. Mais ils s'en abstiennent car chaque transfert représente une source de revenus, et ils n'ont aucun intérêt financier à y mettre fin. »




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