Ayalon collecte 1,2 milliard de shekels mais déçoit par ses premiers rendements

La compagnie Ayalon a collecté 1,2 milliard de shekels en août pour son retour sur le marché des fonds de prévoyance, mais ses rendements initiaux très inférieurs à la moyenne suscitent des critiques.

CalcalistAuteur : Almog Ezer
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Ayalon collecte 1,2 milliard de shekels mais déçoit par ses premiers rendements
Photo : Calcalist / צילום: יח"צ

Un marketing agressif et un voyage à Sydney

Le mois d'août dernier restera gravé dans les mémoires de la compagnie d'assurance Ayalon comme un succès marketing sans précédent sur le marché israélien. La compagnie, qui a réintégré le marché des fonds de prévoyance (kupat gemel) et des fonds de formation (keren hishtalmut) après dix ans d'absence, a enregistré une collecte massive de 1,2 milliard de shekels dans ses nouveaux fonds. Elle se classe ainsi juste derrière Phoenix, qui aurait collecté environ 1,5 milliard de shekels.

Cette campagne médiatique agressive s'est accompagnée d'une incitation de taille pour les agents d'assurance : un voyage à Sydney, en Australie, pour ceux qui atteindraient les objectifs de collecte. Selon les conditions publiées, l'éligibilité au voyage exigeait de collecter 16 millions de shekels, dont un maximum de 6 millions de shekels pouvait provenir des nouveaux fonds de prévoyance, le solde devant être issu de polices financières. Ayalon proposait aux agents une commission unique de 7 000 à 9 000 shekels pour chaque million de shekels collecté.

Pour mesurer le caractère exceptionnel de la performance d'Ayalon, on peut la comparer à celle de la maison d'investissement More, qui avait débuté en janvier 2019 après le rachat d'Intergemel et n'avait collecté que 4 millions de shekels lors de son premier mois.

Des rendements en deçà des attentes

Cependant, malgré le succès de la collecte, les rendements ne sont pas au même niveau. Selon le bilan mensuel de Mitgav, le rendement moyen en août sur le profil général des fonds de prévoyance et de formation s'est établi à 1,1 %, et à 2 % pour le profil actions.

Bien que les rendements officiels d'Ayalon ne soient pas encore publiés, les outils de calcul fournis par la compagnie elle-même indiquent que ses profils généraux ont généré un rendement d'environ 0,6 %, et ses profils actions 0,9 %.

Lors de discussions privées avec des agents, Tamir Hershkovitz, directeur général adjoint et responsable des investissements chez Ayalon, a tenté d'expliquer cet écart. Selon lui, l'activité continue n'a débuté qu'à la fin du mois de juillet et l'argent n'a commencé à entrer qu'au cours de la deuxième semaine d'août, l'essentiel des fonds étant arrivé durant la dernière semaine du mois. Hershkovitz soutient qu'en raison des délais de transfert et de régulation propres au secteur, l'argent n'a travaillé que sur une période très courte de 10 à 14 jours.

Néanmoins, le rendement étant calculé sur la base de la moyenne des actifs de l'ensemble du mois, le chiffre rapporté a été dilué et ne reflète pas la capacité réelle de gestion des investissements. Hershkovitz a précisé que la construction de positions financières prend du temps et estime que septembre sera le premier mois complet où les fonds accumuleront des rendements dès le premier jour.

La réaction des concurrents

Des dirigeants d'institutions concurrentes rejettent cette explication, affirmant :

« Le rendement d'un profil est mesuré quotidiennement sur l'argent qui est déjà investi. Si 350 millions de shekels sont entrés le dernier jour, ils ne sont absolument pas censés effacer ou diluer le rendement obtenu par les centaines de millions déjà investis depuis le premier jour. »

Il est également souligné qu'Ayalon utilise une méthode de gestion globale, où les profils actions ou généraux des fonds de prévoyance sont gérés sous un panier d'actifs existant de polices financières plus anciennes qui pèsent déjà des milliards. Par conséquent, le moment de l'entrée des fonds importe peu.

Au final, ces chiffres placent les agents d'assurance dans l'embarras. Ceux qui ont soutenu la campagne pour remporter les prix ont découvert que, pour ce premier mois, leurs clients ont perdu un rendement alternatif par rapport aux concurrents. Les yeux du secteur sont désormais tournés vers septembre pour déterminer s'il s'agit de simples difficultés techniques de démarrage ou d'un écart professionnel dans la gestion des investissements.

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