Le tribunal de Tel-Aviv tranche un conflit de gouvernance chez Aviron Industries

Le tribunal de district de Tel-Aviv a retiré son droit de veto à un actionnaire d'Aviron Industries pour briger une impasse de gouvernance et nommer un administrateur externe.

GlobesAuteur : Jennifer Silon
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Le tribunal de Tel-Aviv tranche un conflit de gouvernance chez Aviron Industries
Photo : Globes / הראל שפירא, גבריאל מגנזי, חן שפירא / איור: גיל ג'יבלי

Dans une décision tout à fait inhabituelle, le tribunal de district de Tel-Aviv a privé la semaine dernière un actionnaire de son droit de veto dans le cadre d'un conflit de gouvernance au sein de la société Aviron Industries Ltd. Cette décision dramatique intervient lors du deuxième cycle de luttes de pouvoir en l'espace d'un an au sein de cette entreprise publique, où s'affrontent l'actionnaire de contrôle Shapir Engineering (détenant 55 % des actions) et l'actionnaire significatif Gabriel Maguzi (qui détient 28 % supplémentaires via Maguzi Industries).

Les deux parties se sont retrouvées dans une impasse, chacune disposant d'un droit de veto sur la nomination d'un administrateur externe et l'utilisant systématiquement pour bloquer le candidat de l'autre camp, paralysant ainsi la gestion de l'entreprise.

Intervention judiciaire et remède d'exception

Pour extirper l'entreprise d'une paralysie nuisant gravement à ses activités commerciales, le tribunal a pris la mesure extraordinaire de nommer l'ancienne députée à la Knesset Ayelet Nahmias-Verbin au poste d'administratrice externe, tout en invalidant le vote de Maguzi. Le tribunal a estimé que lorsqu'une partie est déterminée — malgré son obligation d'équité — à imposer son candidat, "il n'y a pas d'issue", ce qui rend indispensable le recours à un mécanisme alternatif.

Ce n'est pas la première fois que les différends entre les parties atteignent les tribunaux. En septembre 2025, une lutte similaire concernant la nomination d'un autre administrateur externe avait déjà mené les parties devant la justice, chaque camp s'accrochant à son veto.

Le dilemme juridique du pouvoir de veto

Les sociétés cotées en bourse sont légalement tenues de compter au moins deux administrateurs externes. Cette exigence n'est pas purement technique : des comités essentiels, tels que le comité d'audit, ne peuvent siéger sans eux. Par conséquent, ces nominations ont un impact direct sur la capacité opérationnelle de l'entreprise.

"Dans une situation où il existe une violation potentielle du devoir d'équité par l'une des parties détenant un pouvoir décisif, il n'y a d'autre choix que de recourir à un mécanisme alternatif", a souligné le tribunal.

Réactions et perspectives

La direction d'Aviron a salué la décision, affirmant qu'elle souligne l'importance vitale du respect des règles de gouvernance d'entreprise. De leur côté, Gabriel Maguzi et ses représentants ont vivement contesté le jugement, annonçant leur intention de faire appel pour contester la neutralisation des droits d'un actionnaire détenant 28 % du capital.

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