Entre autorité et emprise : les clés d'une relation saine
Dans l'émission Mashivat Nefesh, la rabbanite Tsila Alchanati et la rabbanite Peri Cohen examinent la frontière entre autorité saine et comportements de contrôle dans les relations familiales.

Nous avons tous besoin de limites. Les enfants ont besoin de parents qui les guident, les employeurs doivent prendre des décisions, et chaque relation comporte des moments où quelqu'un doit prendre des responsabilités. Mais que se passe-t-il lorsque l'autorité cesse d'être un outil de sécurité pour devenir un besoin de dompter autrui ? Dans l'émission « Mashivat Nefesh » de la chaîne Hidabroot, la rabbanite Tsila Alchanati et la rabbanite Peri Cohen analysent la frontière ténue entre autorité saine et autorité abusive, et ce qui pousse certains à confisquer le pouvoir.
Ce qui se cache derrière le besoin de contrôle
Selon la rabbanite Peri Cohen, un comportement coercitif masque souvent une blessure intime et un manque de reconnaissance passé. Une personne ayant souffert d'un sentiment d'injustice ou d'inutilité tente parfois de compenser ce vide par la force et l'emprise. « La bataille ne se déroule pas entre elle et la personne en face d'elle », explique-t-elle. « La bataille se déroule entre elle et elle-même, entre elle et l'enfant intérieur qui refuse de se sentir vulnérable. »
Par conséquent, la réussite extérieure ne résout pas nécessairement cette difficulté. On peut grimper les échelons professionnels ou imposer le silence chez soi tout en ressentant le besoin impérieux de prouver sa force. Les intervenantes soulignent que la véritable puissance n'a pas besoin de faire de bruit. Quelqu'un qui a confiance en sa valeur sait écouter, accepter la critique et admettre ses torts.
L'impact du contrôle sur les enfants
Cet écart entre autorité et domination prend une tournure particulièrement délicate dans le cadre familial. Cohen prévient qu'un foyer où l'enfant ne peut exprimer ses émotions peut paraître paisible en surface, mais la facture émotionnelle se paie plus tard. Durant l'adolescence notamment, les jeunes réclament des repères mais aussi le droit à la parole.
« Il doit y avoir un espace pour permettre à l'enfant d'exprimer ce qu'il ressent », affirme-t-elle.
Un parent peut édicter des règles tout en restant l'autorité de référence, mais tout est question de méthode. L'enfant a-t-il l'impression d'être écouté même lorsque la réponse est négative ? Si le contrôle devient l'unique mode de gestion, le lien affectif s'étiole, même si l'obéissance extérieure demeure.
Oser poser des limites saines
Ce même principe s'applique au couple et aux relations professionnelles. Vivre aux côtés d'une personne dominatrice pousse souvent à s'effacer par peur du conflit. Les rabbanites invitent à changer de regard : comprendre que l'autoritarisme traduit souvent une profonde insécurité.
Finalement, la différence majeure réside dans le respect d'autrui. Une autorité bienveillante guide sans écraser, pose des limites sans humilier et écoute, tandis que le contrôle exige une soumission totale pour éviter la confrontation.





