Un groupe d'investisseurs négocie le rachat d'Arkia face à l'opposition des actionnaires

Un consortium d'hommes d'affaires négocie le rachat d'Arkia avec une injection de dizaines de millions de dollars. Le projet se heurte à la résistance des frères Nakash, désireux de diluer les parts des salariés et de bloquer la vente.

Un groupe d'investisseurs négocie le rachat d'Arkia face à l'opposition des actionnaires
Photo : Unsplash / @jmacfpv (Josh Mac)

Un groupe de trois hommes d'affaires est parvenu à un accord préliminaire sur un plan d'acquisition de la compagnie aérienne Arkia. Selon des informations publiées par les médias locaux, Yariv Lerner, Avi Alkayam et George Varour pilotent ce dossier. Varour et Alkayam ont déjà conclu des ententes avec Avi Nakash ainsi qu'avec la coopérative des salariés TOOT, qui détient 22 % du capital de l'entreprise et dispose d'un droit de veto sur le choix des repreneurs.

Le protocole d'accord a été signé par Varour et Alkayam par l'intermédiaire d'une société commune. George Varour, homme d'affaires chrétien d'origine arabe et co-propriétaire du club de football de Hapoel Ramat HaSharon, a fait fortune dans la production de diamants de synthèse depuis Dubaï. Avi Alkayam contrôle la société de services Shahar et détient des parts dans la compagnie d'assurance Anchor. Yariv Lerner, figure centrale du trio, doit s'associer au projet sous réserve d'un audit préalable. Spécialiste du redressement d'entreprises, Lerner détient le contrôle conjoint de Negev Ceramics, qu'il a sauvée de la faillite avant de la réintroduire en Bourse, ainsi que de l'opérateur mobile Wecom, actuellement en cours de cession à Pelephone.

Le montage financier prévoit une injection de plusieurs dizaines de millions de dollars dans Arkia, dont le déficit de capitaux propres est estimé entre 50 et 60 millions de dollars. Sans cet apport de liquidités, la compagnie risque la cessation de paiements. Néanmoins, le chemin vers la conclusion de la transaction s'annonce ardu. Les frères Joe et Rafi Nakash, épaulés par leur représentant Avi Churmoro, mènent des discussions en parallèle et cherchent à diluer la participation des salariés. Cette stratégie a provoqué un conflit social ouvert, les syndicats menaçant de déclencher des grèves dès la semaine prochaine.

Alors qu'Avi Nakash n'assure plus la gestion opérationnelle et se contente d'un rôle d'actionnaire, ses frères ont réintégré Avi Churmoro, avec qui il est en désaccord profond. Les frères Nakash projettent d'injecter eux-mêmes des fonds propres afin de restructurer la compagnie, d'amoindrir le poids des salariés et de préparer une revente ultérieure à un prix plus élevé. Dans le cadre du projet d'acquisition actuel, les fonds sont directement versés à la société sans rachat comptant des actions des frères Nakash, ce qui motive leur réticence.

Dans un message adressé aux salariés, Avi Edri, président du conseil d'administration de TOOT, a affirmé que le clan Nakash avait rejeté l'offre d'un investisseur, Elliott Zemel, prêt à injecter 150 millions de shekels. Selon lui, les frères privilégiaient un accord avec l'homme d'affaires new-yorkais Ezra Junger, qui exigeait l'arrêt des vols le samedi, provoquant l'opposition frontale du personnel. Par ailleurs, les chances d'un rapprochement avec la compagnie Israir sont jugées quasi nulles en raison de l'urgence financière d'Arkia et des délais réglementaires qu'imposerait l'Autorité de la concurrence.

Dans la même rubrique