DeFi : le patron d'Aave suggère d'adopter le « modèle Uber » face au blocage
Le Sénat américain rejette un projet de loi sur les actifs numériques, incitant le patron d'Aave, Stani Kulechov, à prôner une adoption de masse pour forcer la régulation.

Le marché américain de la DeFi a reçu un rappel cette semaine selon lequel la voie de la régulation reste semée d'embûches, le Sénat américain ayant voté 49 contre 50 contre un projet de loi visant à créer un cadre fédéral complet pour les actifs numériques. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un vote final, cet échec réduit les perspectives de progrès législatif rapide.
Dans ce contexte, Stani Kulechov, fondateur et PDG d'Aave, a suggéré une voie peu conventionnelle pour la finance décentralisée : la « méthode Uber ». Selon lui, au lieu d'attendre une législation, le secteur doit atteindre des millions d'utilisateurs et prouver l'utilité pratique de sa technologie, obligeant ainsi les législateurs à traiter la question de son encadrement.
La stratégie du modèle Uber
La comparaison avec Uber illustre la manière dont les services technologiques peuvent s'imposer à grande échelle avant que la réglementation ne parvienne à suivre le rythme. D'après Kulechov, l'objectif n'est pas d'ignorer la loi, mais de générer une utilisation suffisamment large pour démontrer aux législateurs le besoin urgent d'un cadre clair.
Il a exprimé l'espoir que la législation américaine puisse progresser plus tard dans l'année, soulignant que des élus des deux bords politiques recherchent des définitions plus précises, des protections accrues pour les utilisateurs et des règles de marché ordonnées. En parallèle, la Securities and Exchange Commission signale qu'elle pourrait avancer sur de nouvelles règles en s'appuyant sur ses pouvoirs existants.
Tokenisation des actifs réels
Parallèlement, Aave cherche à élargir l'utilisation de la DeFi au-delà de la cryptographie traditionnelle. L'entreprise promeut l'utilisation d'actifs du monde réel représentés numériquement sur une blockchain, notamment des actions et des titres financiers, tout en bâtissant une infrastructure de prêt utilisant ces actifs comme garanties.
« La technologie n'est plus le principal défi de la tokenisation, le défi consiste désormais à commercialiser les produits et à trouver des utilisateurs », a déclaré Kulechov.
Aave développe également une application grand public simplifiée, masquant la complexité des portefeuilles et des réseaux pour faciliter les transferts d'argent entre comptes bancaires traditionnels et services DeFi.
Un changement de stratégie
Cette approche marque un tournant potentiel : plutôt que de convaincre les régulateurs d'approuver la crypto en amont, il s'agit de rendre la technologie incontournable au sein du système financier. Quoi qu'il en soit, le message du fondateur d'Aave est limpide : si Washington tarde à légiférer, l'industrie construira un système doté d'une telle base d'utilisateurs que la régulation ne pourra plus l'ignorer.





