90% de la production israélienne à l'étranger repose sur une seule entreprise
Les données du CBS révèlent que la croissance du PIB israélien, hors production à l'étranger, n'est que de 1%. Plus de 90% de cette production est liée aux activités de Nvidia.

Les données de la comptabilité nationale publiées hier n'ont guère surpris, l'économie israélienne ayant appris à fonctionner en temps de guerre. Pourtant, un détail dans le rapport du Bureau central des statistiques (CBS) mérite une attention particulière : si l'on « déduit la production à l'étranger », le taux de croissance du dernier semestre n'est que de 1 %. Ce chiffre reflète une érosion inquiétante du niveau de vie économique des citoyens israéliens.
La « production israélienne à l'étranger » désigne principalement les puces développées par des équipes israéliennes chez Nvidia (anciennement Mellanox), mais fabriquées hors du pays. Selon Calcalist, plus de 90 % de ce volume est lié à Nvidia, le reste provenant d'entreprises de logiciels, de défense et de secteurs traditionnels cherchant à compenser la force du shekel.
L'ampleur du phénomène
Cette tendance macroéconomique prend une ampleur significative. Au premier trimestre 2023, 5,3 milliards de NIS du PIB israélien (1,3 % du total) étaient produits hors des frontières. Au deuxième trimestre 2026, ce chiffre a atteint 25,4 milliards de NIS, soit 5,7 % du PIB total. Les projections pour 2026 suggèrent que la production à l'étranger pourrait atteindre environ 93 milliards de NIS.
L'impact sur les chiffres de croissance est de plus en plus marqué. En 2023, l'écart entre la croissance totale et la croissance « hors production à l'étranger » n'était que de 0,1 %. En 2026, cet écart a atteint 2,2 %. Cela crée l'illusion d'un « miracle israélien », masquant potentiellement l'état réel de l'économie intérieure.
Implications macroéconomiques
Le gouvernement et la Banque d'Israël doivent désormais réévaluer leurs cadres d'analyse en se concentrant sur trois domaines clés :
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Potentiel de croissance : Les modèles économiques visant 3,5 % de croissance reposent sur des ressources locales. Avec 100 milliards de NIS produits à l'étranger, les objectifs de croissance devraient être révisés à 5 % ou plus.
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Taux d'intérêt : Les craintes de la banque centrale concernant une poussée inflationniste en cas de baisse des taux pourraient être surestimées. Une grande partie de l'activité ayant lieu hors d'Israël, son impact sur les prix intérieurs est limité.
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Recettes fiscales : Bien que l'État perçoive l'impôt sur les sociétés pour la production de puces à l'étranger, il perd les revenus liés à l'impôt sur le revenu des travailleurs locaux, aux taxes municipales (arnona) et aux services associés qui seraient générés par une production nationale.
La production à l'étranger est un indicateur positif des avantages comparatifs d'Israël. Toutefois, elle exige du ministère des Finances et de la Banque d'Israël qu'ils adaptent leur politique à une nouvelle réalité où une part croissante du PIB israélien est produite au-delà de ses frontières.





