76 % des enseignants ne se sentent pas prêts à utiliser l'IA en classe

Alors que le ministre de l'Éducation Yoav Kisch promeut l'IA à l'école, une étude révèle que 76 % des enseignants manquent de connaissances pédagogiques et que l'intégration réelle en classe reste limitée.

CalcalistAuteur : Shahar Ilan
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76 % des enseignants ne se sentent pas prêts à utiliser l'IA en classe
Photo : Calcalist / צילום: משרד החינוך

Yoav Kisch aime présenter Israël comme une puissance dans le domaine de l'intelligence artificielle appliquée à l'éducation. Cependant, derrière les déclarations du ministre sur l'apprentissage personnalisé et la révolution de l'IA, la réalité est moins impressionnante : les enseignants utilisent l'IA principalement pour préparer leurs cours, le ministère est perçu comme déconnecté des besoins du terrain, et le personnel enseignant ne se sent pas prêt à guider les élèves dans ce nouveau monde.

Une étude complète de la professeure Gila Kurtz, de l'Institut technologique de Holon, révèle que les enseignants utilisent rarement l'IA directement en classe. L'utilisation principale se concentre sur la planification : approfondissement du contenu (3,4 sur 5), inspiration pour les méthodes d'enseignement (3,3) et préparation de plans de cours (3,2). L'utilisation par les élèves eux-mêmes durant les cours reste relativement faible.

Défis de mise en œuvre

Le ministère de l'Éducation est perçu comme peu connecté aux réalités du terrain (2,4 sur 5). Seule la moitié des enseignants connaît la politique ministérielle en la matière. 76 % des enseignants déclarent avoir des connaissances limitées ou inexistantes en IA, et 90 % des directeurs d'école soulignent un fossé entre la reconnaissance systémique de l'importance de l'IA et sa mise en œuvre pratique.

Lors d'une réunion de la commission de l'éducation de la Knesset jeudi, le ministre Kisch a annoncé des plans pour un apprentissage personnalisé guidé par l'IA dans les collèges. Toutefois, des experts comme l'ancien ministre Shai Piron critiquent cette approche « descendante ». Selon la Dre Roni Ramot, sans formation préalable des enseignants et autonomie pour les directeurs, ces mesures peineront à porter leurs fruits.

L'avenir de l'éducation

Les chercheurs s'accordent à dire que le rôle de l'enseignant doit évoluer. « L'enseignant du futur ne transmettra plus le savoir, il deviendra un facilitateur axé sur les valeurs et l'intelligence émotionnelle », explique le Dr Amir Gefen. Le professeur Yoram Harpaz souligne que l'IA permettra une personnalisation de l'apprentissage, faisant de l'école un lieu privilégié pour l'interaction sociale, le débat et la pensée critique.

Malgré ces perspectives, la crainte persiste que, sans une infrastructure adéquate, les écarts entre les élèves se creusent. Des enquêtes montrent que de nombreuses écoles manquent encore d'équipements informatiques suffisants, ce qui menace l'égalité d'accès à ces nouvelles technologies.

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