2 800 éliminés et le message : nous n'oublierons pas ceux qui ont franchi la barrière | Dr Moshe Elad

L'unité NILI n'est pas seulement destinée à retrouver et à tuer les participants au massacre du 7 octobre. Sa signification stratégique pourrait être la création d'une dissuasion personnelle à long terme.

MaarivAuteur : Dr Moshe Elad
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2 800 éliminés et le message : nous n'oublierons pas ceux qui ont franchi la barrière | Dr Moshe Elad
Photo : Maariv / חיסול מחמוד פטאיר שהחזיק ברום ברסלבסקי בשבי | צילום: דובר צהל

Ils ont franchi la barrière un matin. Certains étaient des membres de la Nukhba, d'autres du Hamas, du Jihad islamique, ou des résidents de Gaza qui se sont joints après la brèche dans la barrière. En quelques heures, beaucoup d'entre eux ont assassiné, enlevé, pillé, incendié et même documenté leurs actes. Ils ont certainement supposé qu'ensuite ils retourneraient à Gaza, se fondraient dans la masse, changeraient de vêtements, cacheraient leurs armes et que l'histoire serait terminée.

Dans le monde, on a du « mal » à comprendre l'empressement d'Israël à régler ses comptes avec les terroristes. Si vous n'avez pas éliminé le terroriste lors d'un événement terroriste, l'histoire est terminée. Mais du point de vue d'Israël, l'histoire ne fait que commencer.

Le chiffre récemment révélé, selon lequel environ 2 800 participants au massacre du 7 octobre ont été éliminés, indique un changement profond, plus qu'une simple opération de liquidation réussie. Derrière ce chiffre se cache un nouveau concept : celui qui a participé au massacre a peut-être réussi à rentrer chez lui, mais il n'est pas redevenu anonyme. Le message qu'Israël cherche à transmettre ne s'adresse pas seulement au Hamas et à ses commandants. Il est dirigé vers le participant individuel, vers celui qui pense que s'il n'est pas un haut dirigeant ou un commandant connu, personne ne le cherchera. Mais si vous avez participé, vous avez été identifié. Et si vous avez été identifié, vous n'êtes pas oublié.

Peut-être y a-t-il ici aussi une leçon historique importante. Israël et les Palestiniens ont déjà connu par le passé une situation où une méthode de terreur qui semblait tactiquement efficace est devenue, progressivement, un fardeau stratégique. Lors de l'Intifada Al-Aqsa, au début des années 2000, les attentats-suicides étaient l'une des armes les plus identifiées au Hamas, au Jihad islamique et même à des organisations liées au Fatah. Les attentats ont coûté cher, ont terrorisé le public israélien et ont perturbé le quotidien dans le pays. En Israël, il est d'usage d'attribuer leur déclin, et à juste titre, à la barrière de séparation, à l'amélioration du renseignement et aux opérations de contre-terrorisme.

Mais peut-être que l'image était plus complexe. Après avoir lu des documents palestiniens au fil des ans, l'impression s'est renforcée en moi que les directions palestiniennes elles-mêmes ont également mené une sorte de « tartib al-bayt » — un nettoyage interne. Elles ont compris que les attentats, tout en nuisant à Israël, causaient simultanément de lourds dommages à l'image palestinienne dans le monde.

Le monde pouvait comprendre la résistance à l'occupation. Il était beaucoup plus difficile d'expliquer pourquoi il fallait assassiner des passagers dans des bus, des clients dans des restaurants ou des civils dans la rue. À mesure que les attentats se multipliaient, l'aliénation s'élargissait. Les images de familles glorifiant la mort de leurs fils et les promesses d'envoyer d'autres enfants sur le même chemin ont peut-être suscité de l'admiration dans certaines parties du monde arabe, mais en Occident, elles ont souvent créé un choc moral.

Les organisations terroristes n'ont pas cessé de combattre Israël. Elles ont simplement changé leur boîte à outils. L'unité NILI n'est pas seulement un organe destiné à retrouver et à tuer les participants du 7 octobre. Sa signification stratégique pourrait être plus large : la création d'une dissuasion personnelle à long terme. Le message n'est pas seulement qu'Israël répondra. Le message est que le temps ne sauvera pas le participant à un événement terroriste.

Par le passé, un agent terroriste pouvait supposer que s'il survivait à l'action et rentrait chez lui, le danger était passé. Aujourd'hui, la documentation, le renseignement, l'identification technologique et le suivi continu créent une réalité différente. Celui qui était un visage anonyme dans une foule pourrait devenir un nom, une photo et un dossier de renseignement. Il est possible d'échapper à la scène. Il est plus difficile d'échapper à la mémoire.

La société palestinienne a-t-elle déjà tiré la leçon ? Pas encore au niveau public. On n'entend pas de remise en question générale selon laquelle le 7 octobre a été un échec stratégique qui a apporté la destruction aux Palestiniens eux-mêmes. Mais il n'est pas nécessaire que la leçon apparaisse d'abord dans les sondages ou les discours. Elle pourrait apparaître précisément chez l'individu. Elle apparaîtra chez le jeune homme qui reçoit une arme et se souvient que des milliers de participants au massacre du 7 octobre ont été localisés et tués. Elle apparaîtra chez la personne qui comprend que le dirigeant qui a donné l'ordre pourrait disparaître dans une cachette, mais que lui-même — celui qui a été envoyé pour exécuter — pourrait en payer le prix même après longtemps.

Il n'y a aucune garantie que la terreur disparaîtra. L'idéologie, la haine et la vengeance ne disparaissent pas à cause d'une base de données de renseignement. Mais l'histoire de la seconde Intifada enseigne que les organisations terroristes savent parfois changer de moyens lorsqu'elles arrivent à la conclusion que le coût dépasse le bénéfice.

C'est peut-être la signification la plus profonde de NILI : non seulement une vengeance pour le passé, mais une tentative de façonner l'avenir. Non seulement retrouver celui qui a participé au massacre du 7 octobre, mais faire réfléchir le futur participant avant de franchir la barrière.

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