Zim : le comité d'entreprise demande à Israël de bloquer le rachat par Hapag-Lloyd
Le comité d'entreprise de Zim exhorte le gouvernement israélien à bloquer la vente de l'armateur à Hapag-Lloyd pour 4,2 milliards de dollars, invoquant des risques majeurs pour la sécurité nationale.

Le 17 septembre 2026, Oren Caspi, président du comité d'entreprise de Zim, a appelé la ministre des Transports, le ministre de la Défense, le ministre des Finances, le ministre de l'Économie et le ministre responsable de l'Autorité des sociétés publiques à intervenir d'urgence dans les négociations concernant la vente de Zim à Hapag-Lloyd pour 4,2 milliards de dollars. Dans sa lettre, M. Caspi demande au gouvernement de suspendre la procédure avant qu'une décision finale ne soit prise et présente une série d'arguments concernant les conséquences potentielles de cette transaction.
Incertitude et répercussions opérationnelles
Selon le comité d'entreprise, le délai supplémentaire accordé à Hapag-Lloyd pour soumettre une offre améliorée prolonge la période d'incertitude autour de l'avenir de Zim. Les représentants syndicaux affirment que cette situation pousse déjà des employés à quitter l'entreprise par crainte pour leur avenir professionnel. En outre, cette incertitude complique le renouvellement des partenariats commerciaux et la signature de contrats à long terme pour Zim, nuisant ainsi à ses activités courantes. Le comité soutient également que le retard pris dans la décision décourage les investisseurs israéliens potentiels qui souhaiteraient racheter l'entreprise dans son état actuel, sans intervention extérieure.
Le comité rejette par ailleurs l'argument selon lequel la situation financière de Zim rendrait cette acquisition indispensable. Selon les chiffres du dernier rapport trimestriel, Zim demeure une entreprise internationale solidement implantée, active dans 154 pays à travers 220 succursales et desservant 300 ports. Les avantages supposés d'une expansion des lignes et de l'accès à des créneaux en Extrême-Orient sont également contestés, le comité avertissant qu'une dépendance envers les infrastructures d'une entreprise étrangère pourrait compromettre l'indépendance de la compagnie maritime.
Enjeux sécuritaires et stratégiques
La lettre de M. Caspi aborde en outre les aspects sécuritaires et stratégiques de l'accord. Il rappelle que plusieurs experts ont déjà mis en garde contre le risque d'un affaiblissement des liens unissant Zim à l'État d'Israël. La ministre des Transports Miri Regev avait notamment souligné dès février 2026 la nécessité de mobiliser tous les instruments juridiques pour empêcher l'aboutissement de cette transaction. Le document mentionne également les avertissements formulés par des responsables de la sécurité concernant le fractionnement de l'entreprise.
« La contribution de Zim durant la guerre des Épées de fer a découlé avant tout de sa puissance en tant que grande compagnie maritime internationale, et non de la simple détention d'un nombre minimal de navires », a souligné le comité d'entreprise.
Le comité fait également référence à une évaluation menée par le général de division (rés.) Giora Eiland en mai 2026, concluant que la structure résiduelle ne serait plus en mesure de répondre aux besoins nationaux et sécuritaires d'Israël en temps de crise. Enfin, M. Caspi exhorte le gouvernement à faire usage de son « action dorée » (golden share) pour protéger les intérêts nationaux et garantir la pérennité de Zim en tant qu'entreprise israélienne indépendante.





