Israël : le tribunal fustige l'arrestation d'un enfant handicapé
Le tribunal pour mineurs a libéré un adolescent de 13 ans arrêté à tort après un cambriolage, fustigeant les manquements de la police et la violation de ses droits.

Un mineur de 13 ans aux besoins spécifiques, originaire du sud d'Israël, a été arrêté la semaine dernière pour suspicion d'implication dans le cambriolage d'un bus. La police a demandé une prolongation de sa détention de quatre jours pour les besoins de l'enquête. Cependant, le tribunal pour mineurs a vivement critiqué la décision de l'interpeller, les méthodes d'interrogatoire et le fait qu'il ait été maintenu dans une cellule avec un adulte, selon son avocat. À l'issue de l'audience, la juge Dorit Bondeh a ordonné sa libération sous la surveillance de sa mère.
Critiques sévères contre la police
Maître Dmitry Dogman, de l'aide juridictionnelle, représentant le mineur, a soutenu que son client est un enfant présentant des besoins spécifiques et qu'il a été placé en cellule avec un adulte. Selon lui, la séparation n'a eu lieu qu'après son arrivée au poste de police. La mère de l'enfant a indiqué à la cour que son fils souffre d'un handicap intellectuel et se trouve sans encadrement depuis environ deux ans.
La juge Dorit Bondeh a critiqué la gestion de l'affaire par la police, soulignant que le garçon venait d'avoir 13 ans trois mois plus tôt et que les faits reprochés ne justifiaient en aucun cas une incarcération pour des infractions contre les biens.
« Il est regrettable que l'unité enquêtrice n'ait fait preuve d'aucun discernement et n'ait pas choisi de libérer le suspect malgré son jeune âge dès son arrivée au poste », a déclaré la magistrate.
Droits des mineurs bafoués
La juge a ajouté que le dossier d'enquête révélait que le mineur n'avait pas été interrogé par un enquêteur spécialisé, contrairement aux dispositions légales relatives aux personnes en situation de handicap, et que ses droits fondamentaux n'avaient pas été respectés.
À la fin de l'audience, la juge a ordonné sa libération sous la supervision de sa mère, assortie d'une garantie financière tierce de 3 000 shekels, tout en saluant l'engagement maternel.





