Cisjordanie : une vague d'empoisonnements frappe les fermes et les pâturages
Une vague d'empoisonnements de bétail et de points d'eau sévit dans les fermes de Cisjordanie, tuant des dizaines d'animaux et poussant les éleveurs à réclamer des mesures de sécurité renforcées.

Une nouvelle forme de terrorisme agricole et environnemental se propage à travers les collines et les fermes de Cisjordanie, délaissant les incendies criminels habituels au profit de l'empoisonnement systématique du bétail et des sources d'eau. Selon des données compilées depuis juin 2025, au moins 12 incidents d'empoisonnement dans les zones de pâturage ont été documentés, ciblant des bovins, des ovins, des caprins et des chiens de berger.
Les méthodes employées se sont diversifiées et intensifiées. Les auteurs utilisent des dattes empoisonnées, des pains pita laissés dans les pâturages et des substances chimiques versées dans des citernes d'eau. Rien qu'en mai, plus de dix citernes ont été empoisonnées simultanément. Au total, ces attaques ont entraîné la mort de 12 têtes de bétail — deux vaches, trois chèvres et sept brebis — ainsi que de trois chiens de berger. Au moins 20 autres animaux ont survécu à de graves symptômes grâce à la vigilance des bergers et à une intervention vétérinaire rapide.
La cadence s'accélère : six des 12 incidents enregistrés se sont produis depuis le début du mois de juillet. Le 7 juillet, deux brebis ont péri et 15 autres ont présenté de graves symptômes. Le 18 août, une citerne d'eau a été empoisonnée, entraînant la mort d'une brebis et de trois chiens. Le dernier incident documenté remonte au 27 septembre.
Derrière chaque ligne de ce bilan se trouvent un troupeau et une famille qui en tirent leurs moyens de subsistance. Aviatar Karo, père de sept enfants résidant à la ferme de Metzad Yehuda, se souvient précisément de la première attaque subie il y a environ un an. Après avoir aperçu des individus suspects quitter un village voisin et traverser la zone de pâturage, il avait prévenu l'armée avant de s'y rendre avec ses bêtes.
"Soudain, nous avons vu des chèvres commencer à écumer de la bouche et à convulser", se remémore-t-il. "Au début, nous ne comprenions pas ce qui se passait".
Des inspecteurs de l'Autorité de la nature et des parcs ont identifié dans les dattes retrouvées sur place une substance bleue extrêmement dangereuse, capable de décimer la faune sauvage locale, y compris les charognards. M. Karo rapporte avoir perdu 20 de ses chèvres lors d'attaques successives.
La situation est similaire dans la région de Shilo, où un résident anonyme fait état de points d'empoisonnement récurrents près des villages d'Al-Mughayyir et d'Abu Falah. Les forces de sécurité interviennent régulièrement, dépêchant des pisteurs et des équipes médico-légales, mais les bergers estiment que la réponse actuelle reste insuffisante face à l'utilisation de rodenticides facilement accessibles. Les éleveurs demandent l'implication active du Shin Bet pour démanteler les réseaux responsables de ces actes, perçus comme une stratégie délibérée visant à chasser les troupeaux des terres ouvertes de Cisjordanie.



