Le président serbe Aleksandar Vucic démissionne après neuf ans au pouvoir
Le président serbe Aleksandar Vucic a démissionné après neuf ans au pouvoir, ouvrant la voie à des élections anticipées sur fond de contestation sociale et de partenariats de défense renforcés.

Le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé ce dimanche sa démission après plus de neuf ans au pouvoir, concluant une période marquée par son hégémonie sur la politique serbe. Ancien premier ministre, Vucic dirigeait le pays depuis 2014. Sa démission ouvre la voie à des élections présidentielles anticipées, et il a déjà fait savoir qu'il briguerait le poste de premier ministre lors des législatives du 25 octobre.
La catastrophe à l'origine de la contestation
Vucic quitte ses fonctions après près de deux ans de manifestations d'envergure. Le mouvement de contestation a débuté suite à l'effondrement du toit de la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui a coûté la vie à 16 personnes. Portée par les étudiants, la fronde a rapidement rallié des enseignants, des agriculteurs et d'autres citoyens.
"La corruption tue, le peuple exige la vérité et des comptes," proclamait l'une des banderoles lors de la grande manifestation de Belgrade en mars 2025, rassemblant plus de 100 000 personnes.
Entre l'Europe, la Russie et les partenariats de défense
Les années au pouvoir de Vucic ont également été rythmées par les tensions dans les Balkans et un subtil jeu d'équilibriste diplomatique. Tout en aspirant officiellement à l'adhésion à l'Union européenne et en coopérant avec l'OTAN, Belgrade a préservé ses liens étroits avec la Russie et la Chine. Vucic a notamment essuyé des critiques occidentales après sa visite à Moscou en mai 2025 pour rencontrer Vladimir Poutine. Parallèlement, Israël est devenu un partenaire militaire clé pour la Serbie.
Selon les informations disponibles, la Serbie a acquis début 2025 des systèmes d'artillerie PULS et des drones Hermes auprès d'Elbit Systems pour 335 millions de dollars, suivis d'autres contrats majeurs englobant des missiles et des équipements de guerre électronique pour environ 1,6 milliard de dollars.





