Une étude massive révèle : voici les 2 professions présentant le risque de mortalité par cancer le plus élevé

Une étude basée sur plus de 12 millions de certificats de décès a examiné plus de 500 professions et a identifié deux groupes de travailleurs se distinguant par une mortalité accrue due aux cancers liés au rayonnement cosmique à haute altitude. Ce risque concerne-t-il aussi les passagers occasionnels ?

WallaAuteur : Doron Kupershtein
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Une étude massive révèle : voici les 2 professions présentant le risque de mortalité par cancer le plus élevé
Photo : צילום: Walla.co.il

Quiconque monte dans un avion en tant que passager est exposé à une petite quantité de rayonnement provenant de l'espace. Mais que se passe-t-il lorsque vous passez des centaines, voire des milliers d'heures par an à une altitude d'environ dix kilomètres ? Une nouvelle étude américaine, particulièrement vaste, pointe vers un constat troublant : parmi plus de 500 professions examinées, le personnel de cabine et les pilotes présentent les taux de mortalité les plus élevés dus à des types de cancer liés à l'exposition aux rayonnements.

L'étude, publiée dans la revue médicale JAMA Internal Medicine, s'est appuyée sur les données de plus de 12 millions de certificats de décès aux États-Unis, incluant la profession des défunts. Les chercheurs ont cherché à déterminer si une exposition continue au rayonnement cosmique à haute altitude pouvait se manifester par une mortalité accrue par cancer.

Les résultats attirent l'attention : il a été constaté que le personnel de cabine a environ 50 % de chances en plus de mourir d'un cancer lié aux rayonnements par rapport à la population active générale. Parmi les pilotes, ce risque est environ 36 % plus élevé.

Le rayonnement que nous ne ressentons presque pas au sol

Le rayonnement cosmique est un rayonnement à haute énergie atteignant la Terre depuis l'espace. L'atmosphère nous fournit une couche de protection significative, rendant l'exposition au sol relativement faible. À mesure que l'on monte en altitude, la couche atmosphérique s'amincit et l'exposition augmente.

C'est pourquoi le vol n'est pas un simple déplacement. En termes de rayonnement, le corps se trouve pendant des heures dans un environnement différent de celui au sol. Pour ceux qui prennent l'avion pour les vacances, le risque est minime, mais pour les membres d'équipage, le travail implique des séjours prolongés et répétés à haute altitude.

Les chercheurs notent que les membres d'équipage reçoivent la dose efficace annuelle moyenne de rayonnement ionisant la plus élevée parmi les groupes de travailleurs aux États-Unis, principalement en raison de l'exposition aux rayons cosmiques à l'altitude de vol commerciale.

Plus de 12 millions de décès étudiés

Des études précédentes avaient déjà soulevé des soupçons sur un lien entre le travail dans l'aviation et certains cancers, mais beaucoup étaient limitées ou se concentraient sur des tumeurs spécifiques. Cette fois, les chercheurs ont adopté une approche beaucoup plus large en analysant les données nationales de plus de 12 millions de certificats de décès.

L'étude s'est concentrée sur les cancers précédemment liés à l'exposition aux rayonnements, notamment la leucémie, le lymphome, le myélome multiple, ainsi que les tumeurs de la peau, du sein, de la thyroïde, de la prostate et du système nerveux central.

Lorsque les professions ont été classées, le personnel de cabine a atteint la première place du taux de décès dus à ces cancers, suivi des pilotes en deuxième position. Selon les données, 6,9 % des décès parmi le personnel de cabine et 6,7 % parmi les pilotes étaient dus à des cancers liés aux rayonnements, contre environ 5 % dans la population active générale.

Un détail renforce les soupçons

Une question évidente est de savoir si le rayonnement est réellement responsable de cette différence. Il est possible que les pilotes et le personnel de cabine aient d'autres caractéristiques de mode de vie influençant le risque. Cependant, les chercheurs n'ont pas trouvé de mortalité anormale due à des cancers non liés aux rayonnements chez ces professionnels. Catherine Olsen et Ken Karipidis, experts en rayonnement ayant rédigé un commentaire accompagnateur, notent que ce modèle renforce la possibilité que l'exposition professionnelle aux rayonnements soit le facteur clé, plutôt que les différences de mode de vie ou de statut socio-économique.

Malgré ces chiffres, il faut rester prudent quant à l'établissement d'un lien de cause à effet. L'étude est observationnelle et ne disposait pas de données sur les heures de vol individuelles, les itinéraires ou les doses cumulées. D'autres facteurs, comme les vols de nuit ou les perturbations de l'horloge biologique, pourraient jouer un rôle.

Qu'est-ce que cela signifie pour les passagers ?

Ces résultats ne sont pas une raison de craindre un vol occasionnel pour les vacances. L'étude porte sur le risque professionnel pour ceux qui passent une partie importante de leur vie dans les airs. Toutefois, pour les pilotes et le personnel de cabine, les chercheurs estiment que les résultats justifient une approche plus sérieuse de l'exposition cumulée. Aux États-Unis, bien que les autorités reconnaissent l'exposition des équipages, il n'existe actuellement aucune limite fédérale ni exigence de surveillance personnelle de routine pour les membres d'équipage.

La nouvelle étude ne prouve pas formellement que le vol professionnel provoque le cancer, mais le fait que les deux premières places appartiennent à des personnes travaillant dans le ciel est une découverte difficile à ignorer.

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