Un aimant monstrueux installé en France : pourquoi le monde de l'énergie suit de près le projet ITER

Le solénoïde central du projet ITER a été installé dans le sud de la France, marquant une étape clé dans la recherche sur la fusion nucléaire. Cet aimant supraconducteur de 1 000 tonnes, capable de générer un champ magnétique de 13 teslas, est essentiel pour contrôler le plasma et tenter de reproduire le processus énergétique du Soleil.

Now14Auteur : Efrat Briner
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Un aimant monstrueux installé en France : pourquoi le monde de l'énergie suit de près le projet ITER
Photo : Now14 / עמוד חשמל | צילום: שאטרסטוק

L'une des expériences les plus ambitieuses dans le domaine de l'énergie franchit une nouvelle étape : le solénoïde central du projet ITER a été installé dans le sud de la France. Cet immense aimant supraconducteur est conçu pour aider les scientifiques à tenter de produire et de contrôler la fusion nucléaire. Pesant environ 1 000 tonnes et mesurant près de 18 mètres de haut, l'aimant est capable d'atteindre un champ magnétique de 13 teslas, soit environ 280 000 fois le champ magnétique naturel de la Terre. Les forces qu'il génère sont décrites comme étant suffisantes pour soulever un porte-avions, mais l'objectif réel est bien plus ambitieux : vérifier s'il est possible d'exploiter sur Terre le processus qui produit l'énergie du Soleil.

Principes et objectifs

Le projet repose sur la fusion nucléaire, un processus où de petits noyaux atomiques se connectent pour libérer une quantité massive d'énergie. Les scientifiques tentent depuis des décennies de reproduire ce processus de manière contrôlée pour produire de l'électricité.

Pour déclencher la fusion, la matière doit être chauffée à des millions de degrés, se transformant en plasma — un gaz chaud chargé électriquement. Aucun récipient physique ne pouvant contenir une telle matière, des champs magnétiques puissants sont nécessaires pour agir comme une « cage » invisible, éloignant le plasma des parois de l'installation.

Le solénoïde central est un composant critique du système ITER. Il aide à générer un courant électrique au sein du plasma et à le contrôler pendant qu'il circule à l'intérieur du tokamak, une installation en forme d'anneau. Malgré ses dimensions colossales, l'assemblage du système exige une précision au millimètre près.


Vers une énergie pratique

ITER n'est pas une centrale électrique, mais une installation expérimentale conçue pour tester la faisabilité de la fusion nucléaire à grande échelle. Même en cas de succès, l'installation ne fournira pas d'électricité aux foyers ; son but est d'accumuler les connaissances nécessaires pour construire, à l'avenir, des centrales capables de transformer la fusion en une source d'énergie pratique.

Le défi majeur réside dans le passage de l'expérience scientifique à une centrale stable, efficace et économique. Les chercheurs doivent réussir à maintenir des conditions extrêmes sur de longues périodes et à assurer une conversion énergétique continue.

Le monde investit massivement dans cette recherche en raison de l'immense promesse de la fusion. Contrairement à la fission nucléaire utilisée dans les centrales actuelles, la fusion ne produit pas de déchets radioactifs à longue durée de vie. Si elle est commercialisée, elle pourrait fournir de grandes quantités d'énergie sans brûler de combustibles fossiles, réduisant ainsi la dépendance mondiale au charbon, au pétrole et au gaz.

Collaboration internationale

L'ampleur de l'effort est illustrée par la construction de l'aimant : ses pièces ont été produites aux États-Unis par General Atomics avant d'être transportées sur le site d'ITER. Le projet est une collaboration mondiale impliquant 35 pays, chacun contribuant par des technologies et des systèmes essentiels.

ITER n'est pas la seule tentative de percer le secret de la fusion nucléaire. L'Allemagne exploite le stellarator Wendelstein 7-X, et la Chine investit des ressources importantes dans les systèmes de fusion et les aimants avancés. Des progrès sont également réalisés dans les méthodes de fusion inertielle.

Bien que le chemin entre cette station expérimentale géante et les réseaux électriques urbains reste long, les implications d'un succès pourraient être transformatrices. Si ITER prouve que la fusion peut devenir une technologie pratique, cela pourrait changer radicalement la façon dont l'humanité produit de l'électricité. C'est pourquoi le monde de l'énergie suit de si près ce géant magnétique en France : son véritable test n'est pas le poids qu'il peut « soulever », mais sa capacité à aider l'humanité à exploiter le processus qui illumine le Soleil.

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