La Turquie consolide son emprise à Jérusalem à travers la culture et la sécurité
Le président turc Recep Tayyip Erdogan renforce l'influence d'Ankara à Jérusalem à travers des institutions culturelles, des aides et des formations sécuritaires, suscitant des inquiétudes en Israël.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a multiplié ces dernières années les déclarations soulignant les liens historiques et religieux de la Turquie avec Jérusalem, tandis qu'Ankara approfondit son emprise dans la ville à travers des institutions gouvernementales, des activités culturelles et des liens avec des personnalités palestiniennes.
Erdogan a déclaré par le passé que "nous avons été contraints de quitter Jérusalem, mais elle est à nous", une déclaration reflétant la place centrale qu'occupe la ville dans le discours turc. L'Empire ottoman a régné sur Jérusalem pendant environ 400 ans jusqu'au début du XXe siècle, et cet héritage continue de servir de pilier important dans la rhétorique du président turc.
Activités turques et présence institutionnelle
L'un des bras armés les plus visibles de l'activité turque dans la ville est le consulat turc à Jérusalem. Suite à l'élimination du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, le consulat a publié un message de condoléances et a condamné ce qu'il a qualifié de "crime odieux" d'Israël. Les liens ne se limitent pas aux déclarations politiques. L'ancien consul turc à Jérusalem, Ahmet Riza Demirer, a été filmé après la fin de son mandat aux côtés de hauts responsables du Hamas, avant d'occuper un poste au ministère turc des Affaires étrangères.
L'implication turque se manifeste également dans la formation des forces de sécurité palestiniennes. Un accord visant à former des policiers palestiniens en Turquie a été signé en 2022, et depuis lors, selon le ministre de l'Intérieur turc, environ 2 000 policiers palestiniens ont été formés dans le pays. Parallèlement, le centre culturel turc Yunus Emre opère à Jérusalem pour promouvoir la langue et la culture turques.
Enjeux stratégiques et réponse israélienne
"C'est notre responsabilité. Il ne suffit pas de dire aux éléments hostiles de partir ; si nous ne remplissons pas l'espace nous-mêmes, ils y reviendront", a déclaré Ran Yishai, responsable de la recherche au Centre de Jérusalem pour la politique appliquée.
Ces dernières années, Erdogan a durci sa rhétorique contre Israël, et de hauts responsables du Hamas continuent d'opérer depuis la Turquie. Ankara consolide ainsi sa présence à Jérusalem par le biais d'institutions officielles, d'aide humanitaire, de culture et de formations, posant la question de l'ampleur de l'emprise turque dans la ville.





