La Turquie propose un accord maritime à l'Égypte en Méditerranée
La Turquie propose un nouvel accord maritime à l'Égypte, lui offrant des territoires supplémentaires en Méditerranée orientale sur fond de rivalité énergétique.

La Turquie a proposé à l'Égypte de conclure un nouvel accord de délimitation des frontières maritimes en Méditerranée orientale, affirmant que cela conférerait au Caire des droits sur plus de 15 000 kilomètres carrés supplémentaires par rapport à un arrangement potentiel avec la Grèce. Cette initiative, rapportée par l'agence de presse turque Anadolu, intervient dans un contexte de rivalité accrue pour le contrôle des espaces maritimes et des ressources en gaz naturel.
Le ministère turc de la Défense a indiqué qu'Ankara est disposé à engager des négociations avec Le Caire afin de régler la question des frontières maritimes conformément aux intérêts communs des deux pays. Les autorités turques soutiennent qu'un tel accord offrirait des avantages territoriaux substantiels à l'Égypte, bien que ces estimations unilatérales n'aient pas fait l'objet d'une vérification indépendante.
Cette proposition survient peu après la ratification par le Parlement libyen, le 20 octobre, du protocole d'accord maritime signé en 2019 entre Ankara et le gouvernement de Tripoli. Cet accord est vigoureusement contesté par la Grèce, Chypre et l'Égypte, qui estiment qu'il porte atteinte à leurs droits souverains et au droit international en faisant abstraction des îles grecques, notamment la Crète.
Le Caire se trouve ainsi confronté à un choix stratégique délicat. En août 2020, l'Égypte et la Grèce avaient signé un accord partiel délimitant leurs zones économiques exclusives pour contrer l'influence turque. Malgré le réchauffement récent des relations diplomatiques entre Ankara et Le Caire après une décennie de tensions, les ministres des Affaires étrangères égyptien et grec ont réitéré leur rejet du pacte turco-libyen.
Cette manœuvre diplomatique turque est susceptible d'influencer les intérêts stratégiques et énergétiques d'autres acteurs régionaux, notamment Israël, qui entretient une coopération étroite avec l'Égypte, la Grèce et Chypre dans le domaine du gaz naturel et des infrastructures sous-marines.




