Condamné pour le meurtre de Tupac Shakur, Duane Davis clame son innocence et fait appel
Duane « Keefe D » Davis, condamné pour le meurtre de Tupac Shakur en 1996, clame son innocence et fait appel. En prison, il accuse les enquêteurs de mensonge et nie avoir écrit le livre qui l'a confondu au tribunal.

Duane « Keefe D » Davis, reconnu coupable cette semaine du meurtre du rappeur Tupac Shakur, clame son innocence et annonce son intention de faire appel. Dans un entretien accordé au Hollywood Reporter depuis le centre de détention du comté de Clark, dans le Nevada, Davis a affirmé que son équipe juridique avait déjà déposé un recours après sa condamnation pour meurtre avec arme mortelle lors d'une fusillade en voiture à Las Vegas le 7 septembre 1996.
« Merde, je ne suis pas inquiet. Je vais m'en sortir en appel », a déclaré Davis. « Nous l'avons déposé avant même le début du procès. Ils ont violé mes droits civiques. »
Accusations de mensonge et déni de paternité du livre
Davis s'en est pris violemment aux témoins, aux policiers et aux procureurs, les accusant d'avoir monté l'affaire de toutes pièces :
« Mec, ils ont tellement menti sur moi. Je ne sais même pas par où commencer. Tous les flics là-bas ont menti comme des fous. Les procureurs ont menti sur moi. Je suis un homme bien, mec. Je ne suis pas un putain de tueur. »
Davis a également affirmé qu'il n'avait pas écrit l'autobiographie Compton Street Legend (2019), qui a pourtant été une pièce maîtresse de l'accusation durant le procès. Il soutient n'avoir jamais lu ni validé cet ouvrage, soulignant même que son nom y est mal orthographié sur la couverture. Selon lui, le co-auteur Yusuf Jah lui a simplement demandé de raconter dix histoires de sa vie et de fournir quelques photos.
Interrogé sur un éventuel message à destination de la famille de Tupac Shakur, Davis s'est montré inflexible, affirmant n'avoir rien à leur dire. Il a ajouté qu'il n'avait pas apprécié leur regard dans la salle d'audience et a dénoncé le fait que les procureurs les introduisent régulièrement dans la salle réservée aux jurés, qualifiant le procédé de biaisé.
La thèse de l'accusation et le déroulement des faits
La famille de Shakur et le co-auteur Yusuf Jah n'ont pas encore réagi publiquement aux déclarations de Davis. Durant le procès, l'accusation a soutenu que Davis, ancien chef du gang des South Side Compton Crips, n'avait pas tiré lui-même mais avait commandité l'attaque et fourni l'arme utilisée par son neveu, Orlando Anderson. Selon les procureurs, les tirs visaient à venger le passage à tabac d'Anderson par Shakur et son entourage à l'hôtel MGM Grand quelques heures plus tôt.
Orlando Anderson, tué deux ans plus tard dans une fusillade sans lien avec cette affaire, niait toute implication. L'accusation a diffusé au tribunal huit heures d'enregistrements audio dans lesquels Davis confessait de lui-même, au fil des ans, sa présence à bord de la Cadillac blanche d'où sont partis les coups de feu mortels.
L'avocat de Davis, Michael Snepht, a quant à lui plaidé que son client avait inventé ces récits à des fins lucratives et de notoriété. Dans l'un des enregistrements, Davis s'identifiait comme le passager avant du véhicule conduit par Terrence « Bubble Up » Brown, tandis qu'Orlando « Baby Lane » Anderson et Deandre « Dre » Smith occupaient les sièges arrière. Davis y expliquait avoir fait passer l'arme à l'arrière, n'ayant pas d'angle de tir propre. Tupac Shakur a été touché alors qu'il revenait d'un combat de Mike Tyson et a succombé à ses blessures six jours plus tard.



