États-Unis : Trump isolé à la veille d'élections de mi-mandat à haut risque pour les républicains

Isolé dans sa salle à manger privée, Donald Trump fait face à la menace d'une défaite républicaine aux élections de mi-mandat. Malgré les tensions à la Maison-Blanche, le président mise sur une campagne agressive pour remobiliser sa base.

États-Unis : Trump isolé à la veille d'élections de mi-mandat à haut risque pour les républicains
Photo : The White House (Executive Office of the President)

Le président américain Donald Trump s'est progressivement isolé dans sa salle à manger privée, située près du Bureau ovale, transformée ces dernières semaines en un centre névralgique où il regarde la télévision, passe de longs appels téléphoniques et examine des piles d'articles de presse imprimés. Selon un rapport détaillé du New York Times, le président s'entoure de fidèles collaborateurs, à l'instar de son assistante Natalie Harp, dotée de son propre bureau dans la pièce, ainsi que de hauts responsables tels que le directeur de l'Agence fédérale de financement du logement, Bill Pulte. Ce dernier présente régulièrement au chef de l'État des mèmes et des images générées par intelligence artificielle, que Trump se plaît à relayer auprès de son entourage.

Au cœur de ce repli, le dirigeant américain fait face à la perspective bien réelle que le Parti républicain perde le contrôle des deux chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat prévues la semaine prochaine. De nombreux candidats républicains engagés dans des scrutins serrés s'efforcent de prendre leurs distances avec la politique et le comportement de Trump. Des conseillers politiques ont en outre averti en coulisses que ses rassemblements de soutien dans des États clés risquaient de causer plus de tort que de bien. Néanmoins, le président balaie d'un revers de main les sondages traduisant son impopularité, bien décidé à faire de ce scrutin un référendum sur sa propre personne, et planifie une série de meetings à travers le pays pour remobiliser sa base.

Malgré l'assurance affichée par le président quant à sa capacité à traverser ce climat politique difficile, une atmosphère morose règne au sein de la Maison-Blanche. L'administration fait face à des tensions internes et à une profonde inquiétude face à une éventuelle perte de contrôle à Washington. À l'image de son premier mandat, cette période est marquée par des luttes de pouvoir, mais Trump s'appuie cette fois sur des confidents inconditionnels alors qu'il durcit sa politique contre l'immigration clandestine et enjoint au ministère de la Justice de cibler ses rivaux.

Lors de ses déplacements de campagne, il déplore fréquemment l'ampleur des efforts qu'il déploie, égratigne son prédécesseur Barack Obama et se vante de l'affluence record à ses rassemblements par rapport à la fréquentation plus modeste des événements de son vice-président, JD Vance. La porte-parole de la Maison-Blanche, Danielle Alvarez, a rejeté les allégations de frictions, soulignant que le président et son vice-président travaillent d'arrache-pied et restent concentrés sur la victoire des candidats.

L'enquête du New York Times met également en lumière la grande sensibilité du locataire de la Maison-Blanche face à la critique. Après les moqueries de l'humoriste Bill Maher dans son émission, évoquant ses liens passés avec Jeffrey Epstein, Trump est entré dans une violente colère. À bord de l'avion présidentiel, il a dicté à son assistante un message véhément d'environ 1 300 mots destiné à son réseau social, dans lequel il s'en prend vertement au présentateur.

Dans la même rubrique