Tous les chemins mènent à Téhéran : 4 fronts, deux dates d'élections et un seuil de pauvreté qui rapproche la fin
Près de trois ans de guerre, et Israël est toujours en confrontation ouverte sur quatre fronts : l'Iran, Gaza, le Liban et la Syrie. Tous sont liés les uns aux autres et gérés depuis Téhéran, et tant que l'histoire iranienne ne sera pas close, aucun front ne sera fermé. À l'horizon proche, tous les scénarios attendent deux dates : les élections en Israël fin octobre et les élections de mi-mandat aux États-Unis début novembre.

La guerre du 7 octobre et la série de conflits qui a suivi contre l'Iran ont transformé le Moyen-Orient et la position stratégique d'Israël. Près de trois ans après le début des événements qui ont changé la région, Israël est en confrontation ouverte d'intensité variable sur quatre fronts principaux : l'Iran, Gaza, le Liban et la Syrie.
La situation sur ces fronts interconnectés n'indique pas une possibilité proche de fermeture de l'un d'entre eux, bien que des processus et des discussions soient en cours, pouvant mener à des solutions et permettre à Israël de revenir à la routine. Tous les fronts attendent deux dates : les élections en Israël fin octobre et les élections de mi-mandat aux États-Unis début novembre.
L'Iran : la clé de tout
Cette période est marquée par la temporisation. Toutes les parties attendent, tentant d'améliorer leurs positions avant le prochain tour. Le président Donald Trump retarde les décisions, comprenant qu'une attaque militaire intensive ne rapprochera pas nécessairement la défaite du régime à ce stade, tout en gardant un œil sur les élections de mi-mandat au Congrès, où il lutte pour maintenir la majorité républicaine.
Le soutien du Congrès est essentiel pour que Trump réalise ses réformes. Sa principale crainte est que le renouvellement de la guerre maintenant—surtout si cela conduit à une hausse des prix du carburant—provoque la perte de la majorité dont il jouit actuellement. Les arguments militaires soutiennent également la temporisation, compte tenu de la diminution des stocks de missiles, de bombes et d'intercepteurs.
La crainte en Israël est que les élections de mi-mandat conduisent à une victoire des démocrates. Une perte de pouvoir politique forcerait Trump à se concentrer sur des luttes politiques internes, l'empêchant de clore l'histoire iranienne.
Le seuil de pauvreté
Un aspect optimiste est l'effondrement de l'économie iranienne. Les données indiquent des dettes internes et externes énormes, des faillites, une chute sous le seuil de pauvreté pour 55 % de la population et le gel des comptes des compagnies pétrolières par la Banque centrale d'Iran.
Les salaires dans le secteur public civil et les pensions ont été réduits de moitié. On s'attend à ce que lorsque l'économie s'arrêtera complètement et que les salaires des membres du Basij et des Gardiens de la révolution seront réduits, un effondrement pratique du régime commencera. L'Iran en est conscient, d'où la crainte qu'ils intensifient les attaques contre les pétroliers dans le détroit d'Ormuz pour provoquer les États-Unis et affecter les chances de Trump aux élections.
Gaza : remise d'armes ou arnaque ?
L'influence iranienne est moins intense ici qu'au Liban, ce qui explique l'accord surprenant du Hamas sur la remise des armes. Bien que le slogan du Hamas soit la « Mouqawama » (résistance armée), l'accord même de désarmer est un changement révolutionnaire poussé par la pression militaire israélienne.
L'arrangement conclu avec le Conseil de la paix comprend la remise des armes sous la « supervision » d'un gouvernement technocrate palestinien et des forces de l'ISF composées de soldats du Maroc, de l'Ouganda et du Kosovo. Malgré les déclarations du Premier ministre Benyamin Nétanyahou sur le non-acceptation des 15 points, Tsahal se redéploie près de la ligne jaune et a effectivement arrêté des opérations offensives significatives.
Liban : optimisme avec un fort potentiel explosif
La scène libanaise est relativement optimiste mais volatile. Les gouvernements d'Israël et du Liban, sur fond d'affaiblissement du Hezbollah, négocient sur la base d'un accord-cadre signé à Washington. Le canal du secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est avéré plus efficace que celui du vice-président Vance.
Les accords visent à mettre fin au contrôle militaire du Hezbollah et à faciliter le retrait ultérieur de Tsahal. Cependant, la mise en œuvre est difficile en raison de la faiblesse de l'armée libanaise. Les Français tentent de promouvoir une solution économique, tentant les membres du Hezbollah de changer de camp et de servir dans l'armée officielle pour neutraliser l'organisation.
Syrie : calme relatif
C'est le secteur le plus calme, car les milices liées à l'Iran et les cellules terroristes ont été presque complètement éradiquées. Tsahal est déployé sur des bases de contrôle, y compris la crête du Hermon, et n'a aucune intention de se retirer sans un accord de sécurité détaillé.
La Syrie est censée faire partie d'un projet de contournement du détroit d'Ormuz utilisant des pipelines allant du Golfe au port de Banias. Des entreprises américaines, dont Chevron, ont déjà signé des contrats et commencé la construction, ce qui explique le soutien du président Trump au régime syrien. Néanmoins, les discussions sont bloquées en raison de l'absence de garanties de sécurité pour les Druzes et les Kurdes.





