"They Follow" : un film d'été au goût d'autrefois, mais sans grande profondeur
Anne Hathaway est à l'affiche du nouveau film de David Robert Mitchell. Bien qu'il s'agisse d'un divertissement bien réalisé et d'un bel hommage aux années 80, le film peine à convaincre en raison de personnages peu développés, d'une fin prévisible et de failles logiques.

Hollywood adore prendre des réalisateurs indépendants, auteurs de films ayant brisé les conventions, pour les intégrer à sa machine industrielle. Parfois, cela fonctionne à merveille, lorsque la voix unique du réalisateur se marie parfaitement au cinéma commercial — pensons à Ryan Coogler pour Creed, Greta Gerwig pour Barbie ou, plus récemment, au blockbuster de Destin Daniel Cretton, Spider-Man: Across the Spider-Verse. Mais parfois, cette machine dépouille le réalisateur de ce qui le rendait spécial, ne produisant qu'un produit hollywoodien poli mais oubliable. C'est le cas de David Robert Mitchell et de son film They Follow.
Robert Mitchell s'était fait remarquer avec le film d'horreur surréaliste It Follows, où il avait su créer une atmosphère fascinante en jouant avec les codes du genre. Cependant, son thriller mystérieux de 2018, Under the Silver Lake, s'était perdu dans sa propre complexité, échouant tant auprès des critiques qu'au box-office. Après une longue pause, les studios Warner Bros. lui ont confié un budget de 80 millions de dollars pour réaliser une idée originale : que se passerait-il si tout un quartier de banlieue voyageait dans le temps jusqu'à l'ère mésozoïque, il y a 200 millions d'années ? Un mélange entre Jurassic Park et La Quatrième Dimension.
Comme dans It Follows, Mitchell prend une vie de banlieue familière pour y insérer une menace inexplicable, mais cette fois-ci de manière beaucoup plus conventionnelle. L'intrigue débute au début des années 80, dans une maison bien entretenue où vivent Greg (Ewan McGregor) et Denis (Anne Hathaway) avec leurs deux enfants. Greg, tout comme dans le film Sweet Dreams actuellement en salles, cache à sa famille qu'il a été licencié et travaille comme livreur de pizza. Leur relation se détériore, et le divorce semble inévitable. La routine vole en éclats lorsqu'une plante préhistorique apparaît dans le jardin voisin, suivie d'une lumière aveuglante qui transporte tout le quartier des millions d'années en arrière. La famille doit alors survivre dans une jungle tropicale, échappant aux prédateurs tout en tentant de renouer les liens qui les unissent.
Il est indéniable que They Follow est un divertissement bien réalisé qui ravira les amateurs d'aventures à la sauce années 80. Le choix de cette décennie n'est pas anodin : l'intrigue naïve, le récit initiatique et les plans qui recréent à l'identique l'esthétique de l'époque séduiront ceux qui regrettent une décennie où tout semblait plus simple. Mais au final, il ne s'agit que d'un bel hommage, qui pâlit face aux grands classiques du genre. Certes, il est meilleur que la plupart des films Jurassic World, mais ce n'est pas un exploit majeur.
Le problème fondamental du film est qu'il tombe entre deux chaises : son esprit est trop enfantin pour un public adulte, tandis que certaines images d'horreur pourraient déranger un public plus jeune. Les personnages manquent de profondeur (à l'exception d'Ewan McGregor, qui ne peut pas mal jouer), et la fin est prévisible, ponctuée de failles logiques. En tant que film d'été destiné à se vider la tête avec un parfum de nostalgie, il remplit son rôle ; c'est juste qu'il n'y a pas grand-chose de plus.





