Thaïlande : deux Ouïghours menacés d'expulsion imminente vers la Chine
Deux Ouïghours détenus en Thaïlande risquent d'être expulsés vers la Chine, suscitant l'inquiétude des défenseurs des droits de l'homme face au danger de persécutions.

Deux hommes d'ethnie ouïghoure détenus en Thaïlande font face à une menace imminente d'expulsion vers la Chine, une mesure qui, selon des défenseurs des droits de l'homme, mettrait leur vie en grave danger. Les militants craignent que les autorités thaïlandaises ne cèdent aux pressions de Pékin, répétant ainsi les expulsions controversées de l'année dernière.
Les deux hommes ont récemment été transférés dans un centre de détention pour immigrés après avoir purgé une peine de sept ans de prison. Ils faisaient partie d'un groupe de plus de 200 Ouïghours arrêtés en 2014 près de la frontière malaisienne après avoir fui la Chine. Alors que les femmes et les enfants du groupe ont été libérés et transférés en Turquie, les hommes ont fait face à des détentions prolongées et à des renvois forcés.
Craintes de Persécution et Appels Internationaux
Dans une lettre envoyée à sa compagne, Marziye Kasem, en juillet, l'un des détenus a exprimé sa profonde détresse face à la perspective d'un retour en Chine. "Si l'on me renvoie en Chine, je serai comme un esclave", a-t-il écrit, s'interrogeant sur les raisons de son calvaire.
Les organisations de défense des droits de l'homme et l'ONU ont vivement condamné ces pratiques. L'année dernière, malgré des offres d'accueil de la part des États-Unis et du Canada, la Thaïlande avait expulsé 40 hommes ouïghours vers la Chine. L'ONU a indiqué depuis lors qu'elle était sans nouvelles de ces individus.
Prétexte Juridique et Réactions Officielles
Chayapruk Duangprapat, chef du Conseil de sécurité nationale de la Thaïlande, a déclaré aux journalistes que des mandats d'arrêt émis par la Chine visaient les deux hommes. Néanmoins, la validité de ces mandats est contestée par les militants, soulignant qu'au moins l'un d'eux était mineur au moment de quitter le territoire chinois.
Les proches des détenus estiment que Bangkok tente d'établir une base juridique pour légitimer cette décision et échapper aux critiques internationales. De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la Chine a défendu sa coopération avec la Thaïlande, affirmant qu'elle respectait le droit international et les lois des deux pays.




