Le musicien Tahr Sefi Rapeld se confie sur sa foi et son identité laïque
Le musicien Tahr Sefi Rapeld se confie sur son parcours spirituel, son attachement au Shabbat et sa décision de revendiquer une identité laïque dans le podcast Open Code.

Le chanteur, auteur-compositeur et producteur israélien Tahr Sefi Rapeld, plus connu sous le nom de Tahr, s'est confié lors d'un entretien intimiste avec Dolev Davidovitch dans le podcast « Open Code ». Il y évoque son parcours spirituel singulier, son lien profond avec le judaïsme et les raisons pour lesquelles il se définit fièrement comme laïc.
Une quête spirituelle dès l'enfance
Tahr a grandi au moshav Tel Shahar, au sein d'une famille totalement laïque, d'une mère laïque et d'un père ayant abandonné la pratique religieuse. Pourtant, dès son plus jeune âge, son âme aspirait à une connexion plus profonde avec la tradition. À l'âge de huit ans, bien avant que quiconque autour de lui n'aborde ces sujets, il a commencé à observer strictement la cacherout et la séparation entre la viande et le lait, en totale contradiction avec les souhaits de ses parents.
« Mon père laissait faire, ma mère était fermement opposée, et ils pensaient que cela lui passerait parce qu'il était enfant. Mais cela ne m'a pas quitté, d'alors jusqu'à aujourd'hui », confie-t-il.
Des années plus tard, un nouveau tournant a redéfini son identité juive. Tahr a été marié par le passé à une femme religieuse. Après leur divorce, il a pris un engagement personnel extraordinaire : continuer à observer le Shabbat. Il explique avoir fait ce choix pour ne pas renoncer à l'ancre intérieure qui le soutenait.
Dépasser la peur du regard des autres
Évoluant dans l'univers des réseaux sociaux, des critiques et de la course constante aux « likes » en tant que musicien, Tahr connaît parfaitement les mécanismes de validation externe. Durant l'entretien, il lève le voile sur la honte et la peur qui l'ont habité lorsqu'il a commencé à porter les téfilines devant un entourage qui ne savait comment réagir.
« Pour moi, toute expression extérieure du judaïsme est source de gêne. Je me rappelle que ma femme l'avait mentionné à mon père, et j'avais une honte immense, comme si je ne voulais pas qu'il sache que je mets les téfilines », avoue-t-il.
Cette tension entre la création artistique laïque et une âme en quête de sens se reflète dans sa riche carrière. Ayant collaboré avec des artistes de premier plan tels que Shrek, Duda et Noroz, Tahr navigue dans l'industrie musicale en quête constante de spiritualité. Il évoque notamment l'écriture de la chanson « Yafim » (Pieds nus) interprétée par Yasmin Moallem, ainsi que la production de l'album Tehilot pour la chanteuse Gaia Shaki.
Fidèle à une identité laïque et singulière
Interrogé sur sa place au sein du spectre religieux, Tahr choisit de rester fidèle à sa propre définition personnelle plutôt qu'à des cases préétablies.
« Je suis heureux de dire que je suis laïc, issu du sionisme travailliste, car je sais pertinemment, pour avoir côtoyé des milieux religieux, à quel point cette étiquette est parfois dénigrée », explique-t-il.
Entretenant une relation intime et quotidienne avec Dieu, Tahr démontre que l'intégrité spirituelle consiste avant tout à suivre sa propre vérité intérieure, loin des conventions établies.





