La fusillade de Belleville ravive les craintes de la communauté juive

La fusillade devant une synagogue en Ontario ranime les craintes de la communauté juive canadienne face à la montée de l'antisémitisme et aux défis sécuritaires.

Israel HayomAuteur : Or Shaked
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La fusillade de Belleville ravive les craintes de la communauté juive
Photo : Israel Hayom / הירי בבית הכנסת "בני יעקב" באונטריו, קנדה | צילום: רשתות חברתיות

La fusillade survenue devant une synagogue à Belleville, en Ontario, lors de Yom Kippour a ravivé de profondes inquiétudes au sein de la communauté juive et israélienne au Canada. Pour Elinor Chen, analyste de systèmes de 41 ans originaire d'Israël et établie à Kingston depuis dix ans, cet incident près d'un lieu de culte que sa famille fréquente chaque année pour Pourim a brusquement rapproché la menace.

Dimanche soir, lors des prières de Yom Kippour, Sean Ward, un ancien soldat d'infanterie de l'armée canadienne âgé de 29 ans, s'est présenté près de la synagogue B'nai Israel à Belleville armé d'un fusil de chasse. Un policier en civil, l'agent Jeff Smith, avait été déployé sur les lieux après des signalements de véhicules suspects. Ward a ouvert le feu sur le véhicule de police, déclenchant un échange de tirs. Vingt-et-un impacts de balle ont touché le bâtiment. L'agent Smith a été grièvement blessé, mais par miracle, les 24 fidèles présents à l'intérieur sont sortis indemnes. Ward est décédé le lendemain de ses blessures.

Une recrudescence de l'antisémitisme au Canada

La peur de l'antisémitisme s'est intensifiée de manière spectaculaire dans les jours qui ont suivi les massacres du 7 octobre 2023. Les membres de la communauté s'étaient alors rassemblés dans les maisons Chabad locales sous surveillance policière. La fusillade de Belleville vient s'ajouter à une série d'incidents alarmants, notamment des tirs répétés contre des écoles juives à Montréal et à Toronto, ainsi que des actes de harcèlement en ligne et dans l'espace public.

Selon l'organisation B'nai Brith Canada, plus de 6 800 incidents antisémites ont été recensés dans le pays en 2025, soit une augmentation de 9,4 % par rapport à 2024 et de près de 146 % par rapport à 2022. Bien que la majorité de ces incidents se soient produits en ligne, ils s'accompagnent d'une recrudescence d'actes de violence physique qui pèsent lourdement sur le sentiment de sécurité des Juifs canadiens.

"Cela ne m'empêchera pas de parler hébreu, de mettre une mezouza sur ma porte ou d'aller à la synagogue. Mais je veux que nous ayons une protection adéquate", insiste Elinor Chen.

Entre solidarité et incertitude face à l'avenir

Parallèlement à la menace antisémite, Mme Chen évoque une dégradation générale de la sécurité publique au Canada qu'elle relie aux difficultés économiques post-pandémie. Bien que sa famille ne subisse pas d'hostilité directe à Kingston, elle critique sévèrement l'attitude du gouvernement fédéral et la couverture médiatique, estimant que les autorités ne prennent pas suffisamment en charge les coûts de sécurité des institutions communautaires.

Malgré ces tensions, la famille n'a pas l'intention de quitter le pays pour l'instant, tout en fixant une limite claire : si la peur d'afficher leur identité juive ou israélienne devenait quotidienne, ils plieraient bagage. Pour l'heure, le mot d'ordre reste la résilience et la fierté communautaire.

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