La Cour suprême tance le président de la Knesset sur le contrôleur de l'État
La Cour suprême a fustigé le président de la Knesset Amir Ohana pour n'avoir pas répété l'élection du contrôleur de l'État, le condamnant à des frais de justice malgré le rejet de la requête.

La Cour suprême a vivement critiqué mardi le président de la Knesset, Amir Ohana, pour n'avoir pas exécuté un arrêt ordonnant de répéter le second tour de l'élection du contrôleur de l'État. Les magistrats ont souligné que le refus persistant d'appliquer une décision judiciaire constitue une atteinte grave à l'ordre constitutionnel. Bien que le recours contre M. Ohana ait été rejeté en raison des élections de la 26e Knesset, il a été condamné à verser 10 000 shekels de frais de justice.
La requête, déposée par Yaron Gadot, visait à contraindre le président du Parlement à fixer une nouvelle date pour le scrutin et à réunir l'assemblée à cet effet. Cette démarche faisait suite à un jugement rendu en juillet, dans lequel la Haute Cour de justice avait ordonné l'annulation du second tour et exigé son organisation.
Malgré cette décision, M. Ohana n'a pas programmé le scrutin. Les juges Isaac Amit, Khaled Kabub et Ruth Ronen ont relevé que cette inaction allait à l'encontre de l'avis de la conseillère juridique de la Knesset, sollicitée à plusieurs reprises. Dans ses observations, celle-ci avait soutenu le principe d'un nouveau vote tout en soulignant les difficultés pratiques.
La Haute Cour a estimé que l'abstention prolongée équivalait à une violation de la décision, portant atteinte aux fondements institutionnels. La requête a toutefois été rejetée en raison de la tenue des élections législatives le 27 octobre, qui rendait impossible un vote de la législature sortante. Malgré ce rejet, les frais de justice ont été mis à la charge d'Amir Ohana.
Cet arrêt ne tranche pas la méthode qui sera employée pour élire le contrôleur de l'État au sein de la nouvelle Knesset. Parmi les questions en suspens figurent la possibilité de reprendre directement le scrutin entre les deux candidats initiaux, à la majorité simple, ou de rouvrir totalement la procédure de dépôt des candidatures.
Ces interrogations revêtent une importance politique notable dans un contexte de recomposition parlementaire. Selon des informations publiées dans la presse, le bloc du changement s'accorde pour promouvoir l'élection, envisageant de porter à cette fonction l'ancien juge de la Cour suprême Yosef Elron, qui s'était opposé à Michael Rabello lors du précédent vote.





