Crise à la Cour suprême d'Israël : des retards records paralysent la justice

La Cour suprême d'Israël fait face à des retards historiques, les affaires civiles étant reportées à 2028 en raison de vacances de postes et de tensions politiques.

Crise à la Cour suprême d'Israël : des retards records paralysent la justice
Photo : Lizy Shanan / PikiWiki Israel / Wikimedia Commons

Une affaire civile ordinaire déposée aujourd'hui auprès de la Cour suprême d'Israël se voit attribuer une date d'audience en juin 2028, ce qui signifie que les débats ne débuteront pas avant un an et demi. Ce délai illustre la crise profonde qui frappe le système judiciaire israélien, alimentée par une vacance prolongée de quatre sièges de juges sur un total de 15.

Origines de la Paralysie Judiciaire

Au cours du dernier mandat du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, aucun nouveau juge n'a été nommé à la Cour suprême. Cette impasse institutionnelle est survenue après que le ministre de la Justice et président de la commission de sélection des juges, Yariv Levin, n'a pas réussi à s'entendre avec l'ancienne présidente de la Cour, Esther Hayut, puis avec son successeur par intérim, Uzi Fogelman, concernant les nominations. En réaction au veto opposé par les juges à ses candidats, Levin a refusé de pourvoir les postes vacants. Le conflit s'est intensifié lorsque le juge Isaac Amit a été élu à la tête de la Cour, une élection que Levin a refusé de reconnaître, rompant ainsi les relations de travail.

Avec le départ à la retraite du juge Yosef Elron, la Cour fonctionne désormais avec 11 magistrats au lieu de 15, perdant plus d'un quart de ses effectifs. Les experts soulignent que chaque juge manquant prive la juridiction d'environ 1 152 audiences par an. Si la durée de traitement des affaires civiles est passée de 14,4 mois en 2023 à 18,4 mois en 2026, les requêtes administratives — notamment liées aux détentions administratives en Judée-Samarie — ont explosé, passant de 300 par an à plus de 4 000 prévues fin 2026, engorgeant l'institution.

Impact Humain et Répercussions

L'ancien président par intérim de la Cour suprême, Uzi Fogelman, a rappelé que le public n'aperçoit que 5 % des travaux de la Cour, tandis que l'essentiel concerne des citoyens ordinaires attendant désespérément justice dans des affaires civiles, familiales ou pénales. Les juristes avertissent que ces retards prolongés portent atteinte aux droits fondamentaux des justiciables.

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