Le roi d'Espagne réclame la solidarité européenne après la crise de Ceuta

Le roi Felipe VI d'Espagne a exhorté l'Europe à plus de solidarité après l'arrivée massive de migrants à Ceuta, alors que Madrid prépare des mesures strictes.

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Le roi Felipe VI d'Espagne a appelé les nations européennes à faire preuve d'une plus grande solidarité après l'arrivée massive de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave de Ceuta. S'exprimant lors d'un dîner à Madrid marquant la visite du président français Emmanuel Macron, le monarque a qualifié l'événement d'inacceptable, créant un immense défi sécuritaire et humanitaire.

Selon Reuters, le roi Felipe a souligné que les États membres situés aux frontières extérieures ne peuvent porter seuls une responsabilité partagée. Ces propos ont été prononcés en présence du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qui étudie actuellement des modifications des règles d'asile pour accélérer les retours vers les pays d'origine.

Fermetures de frontières et mesures d'urgence

À la suite de la traversée d'environ 72 000 migrants à Ceuta le 30 juillet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'action rapide de l'Espagne. Cependant, d'autres dirigeants ont réagi avec fermeté, l'Italie suspendant temporairement les accords de Schengen. Le commissaire européen à la migration Magnus Brunner a dévoilé un plan pour renforcer les contrôles aux frontières et doter Frontex de pouvoirs accrus.

Parallèlement, un projet de décret gouvernemental révèle que l'Espagne prévoit de contourner les procédures de migration standard et de durcir les règles d'asile pour les migrants restés à Ceuta, visant à accélérer l'expulsion de plus de 10 000 personnes.

Indignation des organisations de défense des droits

Les mesures prévues stipulent que les migrants contestant le rejet de leur demande d'asile devront le faire en dehors du pays si leur pays d'origine est jugé sûr par l'UE, comme le Maroc. De plus, le décret s'applique rétroactivement aux arrivées de juillet.

"Ces mesures proposées constituent une menace grave pour l'engagement de l'Espagne envers les conventions internationales relatives aux droits de l'homme."

Des avocats et 13 ONG, dont Oxfam, ont vigoureusement condamné ces mesures. Le ministre de la Politique territoriale, Angel Victor Torres, a reconnu que le gouvernement étudiait des modifications législatives tout en soulignant la complexité du droit international.

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