Enquête du Shin Bet et tractations politiques agitent la formation du gouvernement
Une enquête du Shin Bet et les manœuvres de coalition redéfinissent le paysage politique israélien alors que le Likud tente de rallier Gadi Eisenkot.

Une enquête du Shin Bet portant sur de prétendus financements étrangers et des soupçons de fraude électorale s'impose comme un nouvel élément dans la bataille politique entourant la formation du prochain gouvernement israélien. Dès la nuit électorale, le Likud et les alliés de Benjamin Netanyahu ont intensifié leur campagne contre toute initiative politique impliquant la Liste arabe unie et le parti Ra'am, qu'il s'agisse d'un gouvernement minoritaire ou du remplacement du président de la Knesset. Ce contexte judiciaire est perçu par le camp nationaliste comme un levier supplémentaire pour contrer toute alternative de centre-gauche.
À l'approche des consultations officielles prévues la semaine prochaine à la Résidence du président, les observateurs estiment que le Likud redouble d'efforts pour plaider en faveur d'un gouvernement d'union nationale. Alors que le dirigeant du parti Les Démocrates, Yair Golan, tente de nouer des ponts avec les formations arabes, le Likud durcit ses attaques contre l'idée d'un exécutif soutenu par ces dernières. Lors d'un discours prononcé à Jérusalem, Benjamin Netanyahu a accusé ses opposants d'avoir manipulé l'opinion publique et a réaffirmé la nécessité de constituer un gouvernement national fort.
En parallèle, l'entourage du Premier ministre étudie un scénario visant à intégrer Gadi Eisenkot dans une coalition gouvernementale, en dépit des engagements de ce dernier à ne pas siéger sous l'autorité de Netanyahu. Les stratèges du Likud affirment que le bloc du changement ne dispose plus de marges de manœuvre suffisantes et que l'opposition potentielle n'a pas les moyens d'endurer un nouveau scrutin. Les propositions évoquées incluent l'offre d'un poste ministériel de premier plan ou, selon certaines versions, une rotation à la tête du gouvernement après deux ans de mandat.
Ce schéma de coalition, conçu pour exclure initialement les partis ultra-orthodoxes, intégrerait d'emblée Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich aux côtés de Netanyahu et d'Eisenkot. Ce montage permettrait de faire voter la loi sur le service militaire avant d'élargir la coalition. De leur côté, les représentants du bloc du changement rejettent catégoriquement cette hypothèse, qualifiant pareille démarche d'aberration politique. Le président Isaac Herzog, qui recevra les résultats officiels des élections mercredi prochain, entend laisser retomber la poussière politique avant d'entamer les consultations.




