Pas de procès-verbal pour l'autorisation de déversement chimique en mer

Le ministère de la Protection de l'environnement n'a rédigé aucun procès-verbal pour l'autorisation d'un déversement chimique par BlueGreen près d'Ashkelon, suscitant de vives critiques.

CalcalistAuteur : Shani Ashkenazi
Source
Pas de procès-verbal pour l'autorisation de déversement chimique en mer
Photo : Calcalist / צילום: Ashkelon Desalination Plant, Israel

Le ministère de la Protection de l'environnement n'a pas rédigé de procès-verbal lors de la réunion du comité interministériel qui a autorisé le déversement de produits chimiques en mer. Cette absence de document laisse sans trace écrite les délibérations et les justifications concernant l'autorisation accordée à la société BlueGreen de mener une expérience d'élimination des algues qui menacent les usines de dessalement. Le ministère a invoqué l'urgence extrême liée à la crise de l'eau pour justifier ce manque de formalisme.

L'opération, qui a consisté à disperser des produits chimiques à proximité des usines de dessalement et a conduit le ministère de la Santé à interdire temporairement la pêche dans la zone, n'a pas permis jusqu'à présent de réduire la turbidité de l'eau. Les algues continuent de proliférer près des installations de dessalement, perturbant leur fonctionnement. Bien que le ministère de l'Énergie assure que le système d'approvisionnement en eau fonctionne pleinement, la durée et les conséquences à long terme de cette crise demeurent incertaines.

Urgence nationale sur l'approvisionnement en eau

Fin août, une prolifération d'algues d'une ampleur exceptionnelle a mis à l'arrêt cinq des six grandes usines de dessalement d'Israël, provoquant une crise nationale de l'eau. En réaction, le comité interministériel d'autorisation des rejets en mer — présidé par le ministère de la Protection de l'environnement et comprenant des représentants des ministères de la Santé et de l'Agriculture — a approuvé un essai d'urgence pour disperser des produits chimiques afin d'éliminer les algues. L'opération a été menée par l'Autorité de l'eau et la société BlueGreen.

Selon le ministère de la Protection de l'environnement et l'Autorité de l'eau, les produits chimiques utilisés sont autorisés par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA). Ils ont été dispersés sur une zone de 9 kilomètres de long, à un kilomètre au large des côtes d'Ashkelon. Bien que le ministère ait délivré une lettre d'autorisation à BlueGreen, les substances chimiques exactes n'y sont pas mentionnées.

Risques sanitaires et opacité administrative

Après la dispersion, le service de contrôle alimentaire du ministère de la Santé a recommandé d'interdire totalement la pêche dans la zone traitée, redoutant une toxicité aiguë et chronique ainsi qu'une accumulation de polluants dans les tissus des poissons. L'Autorité de l'eau et le ministère de l'Énergie ont toutefois rejeté ces craintes, affirmant que « les plages restent sûres » et qu'il n'y a aucun danger pour la santé publique.

Cette situation soulève de graves questions de gouvernance. Une enquête de Calcalist révèle que le comité ayant autorisé le déversement de ces substances en mer n'a rédigé aucun procès-verbal. Il n'existe donc aucune trace des objections, des avis d'experts ou des débats qui ont précédé cette décision aux conséquences environnementales et sanitaires encore floues.

Pour assurer le suivi, le ministère avait ordonné à BlueGreen de documenter l'opération par drone afin de surveiller la dispersion des produits et d'évaluer leur efficacité jusqu'à 48 heures après l'intervention, tout en surveillant une éventuelle mortalité de poissons sur le littoral. À ce jour, aucun résultat de cette surveillance n'a été communiqué au public.

Le ministère de la Protection de l'environnement a réagi :

« Face à la crise d'urgence dans le secteur du dessalement de l'eau de mer, et suite à la demande pressante de l'Autorité de l'eau, le comité interministériel a été convoqué dans des délais extrêmement courts. En raison de ces circonstances exceptionnelles, aucun enregistrement ni transcription n'ont été réalisés. Le document de décision officiel reflète l'essentiel des discussions professionnelles et la décision unanime. »

Dans la même rubrique