"Sauvez-nous d'elle" : une lettre de plainte d'employés plonge une directrice dans la dépression, reconnue comme accident du travail

Des employés ont adressé à la hiérarchie une lettre dénonçant les « sautes d'humeur extrêmes » et le « harcèlement » de leur directrice. Suite à cet événement, la directrice a sombré dans une dépression désormais reconnue comme accident du travail, lui ouvrant droit à une indemnisation par l'Institut national d'assurance.

N12Auteur : Yael Yaffe
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"Sauvez-nous d'elle" : une lettre de plainte d'employés plonge une directrice dans la dépression, reconnue comme accident du travail
Photo : N12 / המנהלת - אובחנה בדיכאון, ותפוצה באלפי שקלים. אילוסטרציה | צילום: Galina Peshkova/123RF

Une lettre anonyme envoyée par des employés à la hiérarchie de leur directrice, dans laquelle ils exigeaient d'être « sauvés d'elle », a conduit cette dernière à souffrir de dépression. Ce trouble a été récemment reconnu comme accident du travail par le Tribunal régional du travail de Tel-Aviv.

La directrice, employée à l'Institut national d'assurance, a cessé de se rendre à son travail dès l'envoi de ce courrier. Suite au jugement, elle devrait percevoir une allocation mensuelle de l'institut, dont le montant sera fixé par une commission médicale chargée d'évaluer son taux d'invalidité.

L'incident remonte à quelques années. Les employés sous les ordres de cette directrice avaient adressé aux plus hauts responsables de l'institut une lettre contenant de graves accusations concernant sa gestion, se plaignant de harcèlement et de sautes d'humeur extrêmes qu'ils ne pouvaient plus supporter. La directrice a pris connaissance de ces griefs lorsque la directrice de la succursale lui a remis le document, accompagné d'une convocation à une audience disciplinaire. En réponse, elle a déclaré avoir le sentiment qu'on lui avait « monté un dossier ». Elle a alors cessé de travailler et a démissionné, invoquant le choc émotionnel provoqué par la réception de cette lettre.

La composition du Tribunal régional du travail de Tel-Aviv, présidée par la juge Osnat Robovich-Barkesh, assistée des représentants du public Yael Ilani et Nava Rosenblum, a nommé un psychiatre expert pour examiner son état mental. Selon son rapport, il existe un lien de causalité direct entre l'envoi de la lettre d'accusation et l'apparition du trouble dont elle souffre : un trouble de l'adaptation avec symptômes dépressifs, atteignant parfois le stade d'un épisode dépressif majeur.

S'appuyant sur cet avis, le tribunal a reconnu le trouble mental de l'employée comme un accident du travail et a ordonné à l'Assurance nationale de verser à la plaignante la somme de 7 500 NIS au titre des frais de justice et d'honoraires d'avocat.

L'avocat de la directrice, Elishar Feingersh, a déclaré :

« Le jugement clarifie qu'un événement particulier au travail, tel que des accusations graves de la part d'employés et une convocation à une audience, peut être le facteur décisif ayant conduit à l'apparition de la maladie. Le tribunal a validé l'avis de l'expert établissant un lien de causalité clair. C'est un message important pour les assurés ayant vécu un événement similaire : un état mental peut être reconnu comme accident du travail à la suite d'un événement stressant. »

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