Sderot : le combat de Sara Dahan pour reconstruire sa vie et protéger les siens
Sara Dahan, mère de 28 ans originaire de Sderot, témoigne de son parcours de résilience, de l'enfance brisée aux traumatismes du 7 octobre, alors qu'elle se bat pour offrir un avenir meilleur à ses enfants.
La vie de Sara Dahan a été un combat incessant pour la survie. Placée hors de son foyer dysfonctionnel à Sderot dès l'âge de trois ans avec ses quatre frères et sœurs, elle a passé ses jeunes années à errer entre institutions sociales, internats et villages de jeunesse. Cette instabilité constante a laissé de profondes cicatrices émotionnelles et physiques.
Une jeunesse difficile et une maternité précoce
De Jérusalem à Arad, le parcours de Dahan a basculé dans la marginalisation face à l'absence de repères familiaux stables. Adolescente, elle a multiplié les fugues, se retrouvant dans des situations à haut risque. Lors d'une fugue à 15 ans, elle s'est éprise d'un homme deux fois plus âgé qu'elle. Cette relation toxique a entraîné une grossesse précoce, la plongeant dans une parentalité difficile alors que ses pairs étaient encore sur les bancs du lycée.
Déterminée à briser le cycle de la négligence qu'elle avait subi, Dahan a fini par obtenir un logement social près de sa mère à Sderot et s'est battue acharnément pour récupérer la garde de ses deux premiers enfants après huit mois de séparation.
L'épreuve du 7 octobre et les combats de santé
La vie lui a asséné un nouveau coup dur le 7 octobre 2023. Avec son conjoint, elle a survécu aux horreurs de l'attaque du Hamas en se cachant pendant six heures dans les buissons à Sderot, assistant à des scènes de violence insoutenables près du poste de police.
Aujourd'hui mère de trois enfants — dont une petite Shai-El née peu après le début de la guerre —, elle fait face à des obstacles colossaux. Souffrant d'épilepsie et de troubles cardiaques liés à ses traumatismes passés, elle porte un dispositif de surveillance médicale continu. De plus, elle vit au troisième étage sans ascenseur, entravée par des problèmes de santé et accablée par des centaines de milliers de shekels de dettes accumulées à cause de sa mère.
Regard vers l'avenir
Pour surmonter ses difficultés financières, Dahan s'apprête à travailler comme conductrice et a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme GIVEBACK intitulée « Vaincre la vie ». Malgré les épreuves, elle nourrit de grands espoirs pour sa benjamine, récemment inscrite dans une agence de modélisme pour enfants.
« J'ai le cœur brisé, mais mon esprit ne l'est pas », confie Sara Dahan, incarnant un combat de chaque instant pour offrir un avenir digne à ses enfants.




